Le journaliste de la chaîne de radiotélévision B-One, Steeve Mbuyi, affirme avoir été interpellé de manière brutale à son domicile, le 9 avril 2026 aux environs de 9 heures, par trois agents dont deux en tenue militaire et un en civil.
Selon son récit, les agents lui ont présenté un mandat d’amener sans qu’aucune convocation préalable ne lui ait été adressée. Tentant de comprendre les raisons de cette procédure, il dit avoir été confronté à un refus de dialogue. « Ils m’ont dit qu’ils étaient là pour exécuter l’ordre », explique-t-il.
Alors qu’il demandait simplement le temps de se vêtir convenablement, les agents auraient refusé et fait usage de la force. Il affirme avoir été brutalisé, menacé d’être menotté, puis conduit de force, laissant son domicile ouvert, avant d’être transporté à moto vers l’auditorat militaire de Kinshasa-Ngaliema.
Une audition contestée et une nuit en détention
Arrivé à l’auditorat militaire, Steeve Mbuyi indique avoir attendu près de deux heures avant d’être auditionné par un magistrat militaire identifié comme Bob, assisté d’un collaborateur nommé Ange. Il dénonce une audition menée sans la présence de témoins ni de plaignants, et affirme être resté seul toute la journée jusqu’en fin d’après-midi. Il a ensuite été placé en détention pour la nuit. Ce n’est que le lendemain matin que les plaignants se seraient présentés pour une confrontation. Estimant que ses droits n’ont pas été respectés, le journaliste annonce envisager une action judiciaire contre le magistrat militaire ayant dirigé la procédure.
Un conflit locatif à l’origine de l’affaire
À l’origine de cette affaire, Steeve Mbuyi évoque un différend avec sa bailleresse autour de la facturation de l’eau. Installé dans la parcelle depuis avril 2025, il explique avoir constaté une hausse progressive et inexpliquée des montants exigés, passant de 18.000 à 36.000 francs congolais. Malgré le paiement de ces sommes, il affirme n’avoir jamais reçu de factures officielles, seulement des montants inscrits sur des bouts de papier. Soupçonnant une irrégularité, il dit s’être rendu auprès de la REGIDESO, où il aurait découvert que la parcelle ne serait pas reconnue dans le système officiel, évoquant une « parcelle fantôme ».
Selon lui, les sommes perçues auprès des locataires ne seraient pas reversées à la régie, mais conservées par les propriétaires.
Violences alléguées et tentative d’intimidation
Le journaliste soutient que cette découverte a détérioré ses relations avec la famille de sa bailleresse. Il affirme avoir été victime de violences physiques quelques jours avant son interpellation, accusant cette famille de vouloir le contraindre à quitter la parcelle. Pour lui, son arrestation s’inscrit dans une logique d’intimidation visant à le faire partir, dénonçant une instrumentalisation de la justice dans un conflit privé.
Face à ce qu’il considère comme une série d’abus, Steeve Mbuyi envisage désormais de porter plainte contre le magistrat militaire impliqué dans son dossier, tout en réclamant que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Cette affaire relance le débat sur le respect des procédures judiciaires et la protection des droits des citoyens dans les litiges privés à Kinshasa en particulier et en République Démocratique du Congo en général.
La Gazette du Continent
