Face à une crise humanitaire persistante, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé le 9 avril 2026 la première réunion annuelle du Cadre national de concertation humanitaire (CNCH), avec pour objectif de renforcer la coordination et améliorer l’efficacité des interventions sur le terrain.
Cette rencontre a réuni les principaux acteurs impliqués dans la gestion des crises en République Démocratique du Congo, notamment les institutions publiques, les partenaires internationaux et les organisations de la société civile.
Une situation humanitaire « d’une gravité particulière »
Dès l’ouverture des travaux, la cheffe du gouvernement a dressé un constat alarmant. Elle a évoqué une crise sécuritaire et humanitaire persistante, caractérisée par des déplacements massifs de populations, une forte pression sur les services sociaux de base et un accès limité à l’eau, aux soins de santé et à l’éducation.
« Au-delà des chiffres, il y a une réalité choquante : des familles déracinées, des communautés fragilisées, des enfants privés d’école et des territoires sous la contrainte de l’insécurité », a-t-elle déclaré.

Vers une réforme du CNCH pour plus d’efficacité
Face à ces défis, Judith Suminwa Tuluka a insisté sur la nécessité de réformer en profondeur le fonctionnement du CNCH. Elle a appelé à transformer cet organe en un cadre plus stratégique, fondé sur une meilleure coordination entre acteurs et un respect strict des rôles de chacun. Elle a également réaffirmé l’engagement du Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à garantir une aide humanitaire « rapide, sûre et sans entrave ». La sécurité des travailleurs humanitaires a aussi été mise en avant, avec pour objectif d’aboutir à des résultats concrets et d’amorcer une transition de l’urgence vers la stabilisation.
Intervenant à son tour, la ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaïba, a appelé à des recommandations « réalistes et immédiatement actionnables ». Parmi les priorités évoquées figurent la continuité des services sociaux essentiels sur toute l’étendue du territoire, y compris dans les zones en crise ; la levée des obstacles administratifs et fiscaux freinant l’action humanitaire, notamment en matière de taxation, de dédouanement, d’immigration et d’enregistrement ; le renforcement de la coopération avec les pays de la sous-région, particulièrement dans l’Est du pays, pour faciliter l’accès humanitaire.
Un cadre clé pour coordonner l’action humanitaire
Créé par le décret n°13/008 du 13 janvier 2013, le Cadre national de concertation humanitaire (CNCH) vise à améliorer le partage d’informations entre les acteurs, renforcer l’efficacité des interventions et faciliter la transition entre l’urgence humanitaire et le développement. Dans un contexte de crises multidimensionnelles, cette réunion entend redynamiser cet outil stratégique afin de mieux répondre aux besoins de millions de Congolais affectés.
Les travaux ont connu la participation de plusieurs institutions, dont le ministère de l’Intérieur, des organisations de la société civile, ainsi que des partenaires internationaux tels que le Programme des Nations unies pour le développement. Cette mobilisation collective illustre la volonté de renforcer la coordination et d’apporter des réponses plus adaptées aux défis humanitaires auxquels fait face la RDC.
La Gazette du Continent
