Le Président de la République s’est rendu à Nkamba pour honorer la « Journée du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine ». Ce déplacement, empreint d’une haute portée historique, dépasse le simple cadre protocolaire : il marque la reconnaissance solennelle par la Nation d’une figure majeure de l’histoire du pays.
Désormais inscrite au calendrier des fêtes nationales et déclarée fériée, cette date du 6 avril est une invitation faite au peuple congolais à renouer avec une mémoire de courage et d’abnégation.

L’histoire nous ramène au 6 avril 1921. Dans un Congo sous domination belge, marqué par les inégalités et l’absence d’accès à l’éducation pour les populations locales, Simon Kimbangu émerge. En quelques mois, son message suscite une mobilisation telle qu’il alerte les autorités coloniales.
Pour l’État congolais, Simon Kimbangu s’est imposé comme un véritable « éveilleur des consciences ». Son combat pour la dignité, l’égalité et la justice a jeté les bases de la prise de conscience collective face à la colonisation. Cette lutte s’inscrit dans une continuité historique profonde, reliant la résistance de Kimpa Vita au XVIIIe siècle à l’indépendance de Haïti et au mouvement de la Négritude. En valorisant ce parcours, la République cherche aujourd’hui à renforcer la souveraineté nationale.

L’action de Kimbangu prend également racine dans une dimension spirituelle forte. Formé dans un environnement protestant, il a su adapter le message chrétien au contexte africain, prônant l’amour du prochain et la confiance en sa propre identité. Ce processus, qui préfigure la théologie de l’inculturation et la philosophie de l’authenticité, constitue aujourd’hui un socle essentiel de la cohésion sociale en RDC.
Comme le souligne Tina Salama, porte-parole du Président de la République, les grandes transformations sociales s’appuient sur de tels fondements moraux et éthiques. Pour une RDC appelée à jouer un rôle moteur sur le continent, la valorisation de ces enseignements est une condition essentielle pour assumer ses responsabilités historiques.

Au-delà de la figure historique, le message de Simon Kimbangu est un appel à l’unité qui transcende les appartenances ethniques et régionales. Le 6 avril se veut un moment de transmission et d’éducation. Il s’agit de ne pas oublier les victimes de la répression coloniale, une réalité encore vive dans la mémoire des familles congolaises.
« Ce ne sont pas des récits lointains, ce sont nos grands-parents qui ont souffert dans leur chair », rappelle la présidence. Cette journée de recueillement vise à inculquer aux citoyens que l’engagement individuel, même issu des conditions les plus modestes, peut changer le destin d’une nation. En célébrant les trente ans de lutte de Kimbangu sous le joug colonial, la RDC honore une « espérance têtue » en un avenir de liberté et de prospérité pour l’homme noir.
Tenplar Ngwadi
