La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Dans la nuit du 5 au 6 avril 2026, des éléments présumés des Forces démocratiques alliées (ADF) ont mené une incursion à environ trois kilomètres de Mambasa-Centre.
Selon le Commissaire supérieur principal Jean-Baptiste Muyapandi, administrateur policier du territoire, les assaillants ont progressé depuis une position estimée à quatre kilomètres avant d’ouvrir le feu. Un véhicule a notamment été pris pour cible, sans faire de victimes parmi ses occupants.
Un bilan humain encore provisoire
Le bilan de cette attaque fait état de quatre blessés, dont deux militaires et deux civils. Parmi les civils touchés, l’un a été atteint par balle tandis qu’un autre a été agressé à l’arme blanche. Un cas de décès a également été signalé. Il s’agit d’un individu tué par justice populaire, soupçonné d’être lié aux assaillants.
Avant de se retirer, les assaillants ont pillé une pharmacie, emportant des produits médicaux, avant d’incendier un bâtiment. Ces actes confirment, selon les autorités locales, une stratégie de ravitaillement et de terreur visant les populations civiles.
Au lendemain de l’attaque, un calme précaire est observé dans la zone, bien que la menace demeure. Les éléments des FARDC, notamment ceux de la 31ème brigade, sont déployés sur le terrain pour sécuriser la zone et poursuivre les assaillants. Les autorités annoncent la poursuite des opérations militaires afin de traquer l’ennemi jusque dans ses retranchements.
Face à cette situation, l’administrateur policier appelle la population au calme, à la confiance envers les forces de défense et de sécurité, ainsi qu’à une vigilance accrue. Il insiste également sur la nécessité de signaler tout mouvement suspect afin de prévenir de nouvelles attaques.
Une insécurité persistante dans l’est de la RDC
Depuis plusieurs années, le territoire de Mambasa, comme d’autres zones de l’Ituri et du Nord-Kivu, est confronté aux violences des ADF, un groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’extrémisme violent.
Malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et leurs partenaires, les ADF continuent de mener des attaques sporadiques contre les populations civiles, ciblant souvent des villages isolés, des axes routiers et des infrastructures sociales. Ces incursions répétées contribuent à aggraver la crise humanitaire dans la région, marquée par des déplacements massifs de populations, l’insécurité alimentaire et l’accès limité aux services de base.
La Gazette du Continent
