À l’occasion du 105ᵉ anniversaire de l’Église kimbanguiste, célébré le 6 avril 2026, Bernard Surbens-Swalenge, Conseiller principal chargé de l’évangélisation et de la mission de l’Église au cabinet du Chef spirituel et Représentant legal, a livré une réflexion approfondie sur la portée spirituelle, historique et politique de cet héritage en République Démocratique du Congo.
Une date symbolique entre histoire biblique et réalité africaine
S’appuyant sur les écritures bibliques, notamment la Genèse, il établit un parallèle entre les 105 ans de l’Église kimbanguiste et l’âge de Seth, moment où l’humanité aurait renoué avec Dieu après une rupture spirituelle. Selon lui, cet anniversaire marque également un tournant pour les Congolais et les Africains, appelés à reconnaître leur identité spirituelle et leurs propres références religieuses.
Au cœur de son intervention, le Prophète Simon Kimbangu est présenté comme un acteur majeur de la libération spirituelle et morale de l’homme noir, ayant initié son ministère en 1921 par des actes considérés comme miraculeux. Son message, interprété comme une transformation des rapports de pouvoir plutôt qu’une question raciale, s’inscrit dans le contexte de la colonisation et de la quête d’émancipation africaine.
De la colonisation à l’indépendance : une vision prophétique
Pour le Révérend Bernard Surbens-Swalenge, les indépendances africaines, notamment celle de la République Démocratique du Congo en 1960, constituent une concrétisation progressive de la vision portée par Simon Kimbangu. Il regrette cependant que certaines orientations spirituelles n’aient pas été pleinement suivies par les dirigeants de l’époque, ce qui expliquerait, selon lui, certaines difficultés actuelles.
Une reconnaissance nationale saluée, mais encore incomplète
Le Révérend Bernard Surbens-Swalenge salue la décision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo d’avoir institué le 6 avril de chaque année comme journée fériée, chômée et payée, en reconnaissance du rôle de Simon Kimbangu.
Il évoque également les projets de valorisation du patrimoine kimbanguiste, notamment le « chemin de la passion », symbole du sacrifice du prophète.
Cependant, il estime que la reconnaissance internationale reste encore insuffisante au regard de son influence historique. Selon lui, la reconnaissance internationale de Simon Kimbangu pourrait jouer un rôle déterminant dans la valorisation de l’identité culturelle congolaise et africaine. Il considère que cette reconnaissance permettrait de restaurer une dignité longtemps affaiblie et d’inscrire pleinement la culture congolaise dans le concert des nations.
L’éducation et les institutions appelées à jouer un rôle central
Pour pérenniser cet héritage, le Révérend Bernard Surbens-Swalenge plaide pour l’adoption d’une loi par l’Assemblée nationale, l’intégration de l’histoire et de la mission de Simon Kimbangu dans les programmes scolaires et l’implication du ministère de l’Éducation nationale. L’objectif étant de transmettre cet héritage aux jeunes générations et de renforcer la mémoire collective.
Un appel à la mobilisation nationale et à la réappropriation identitaire
Au-delà des institutions, il appelle à une mobilisation générale de la société congolaise autorités, médias, artistes et citoyens pour promouvoir cet héritage.
Pour lui, la reconnaissance du Prophète Simon Kimbangu constitue une étape essentielle dans la reconquête de l’identité spirituelle et culturelle du peuple congolais.
Un enjeu d’avenir pour la RDC et l’Afrique
En conclusion, il estime que cette reconnaissance pourrait contribuer non seulement à la stabilité et au développement de la République Démocratique du Congo, mais aussi à une renaissance plus large du continent africain. « Le moment est venu pour l’homme africain de retrouver sa place et d’assumer pleinement son identité », a-t-il conclu.
La Gazette du Continent
