Cette cérémonie festive a été marquée par une revendication controversée de la part de l’assistance. Une grande cérémonie s’est tenue le 5 avril 2026 à l’esplanade du Palais du Peuple, à Kinshasa, en l’honneur de l’équipe nationale congolaise, les Léopards. L’événement, initialement consacré à célébrer les performances sportives, a été marqué par une revendication inattendue émanant de certains participants.
Des voix se sont élevées pour solliciter du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, la libération de l’ancien ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, actuellement condamné par la justice.
Le Front pour la Patrie dénonce une “manipulation”
Réagissant à cette situation sur son compte Facebook, Me Jeannot Lompempe, président du Front pour la Patrie, a fermement rejeté cette demande qu’il qualifie d’atteinte à l’État de droit. Selon lui, une éventuelle libération de Constant Mutamba constituerait une violation des principes fondamentaux de la justice en République démocratique du Congo. Il accuse par ailleurs ce dernier de manipuler certains jeunes pour obtenir la clémence des autorités. « Dans un pays qui prône l’État de droit, on ne peut pas libérer Mutamba au détriment de la justice », a-t-il martelé.
Des accusations graves et un contexte judiciaire tendu
Me Jeannot Lompempe affirme également que Constant Mutamba aurait recruté des jeunes, y compris d’anciens détenus, dans une démarche jugée illégale. Il soutient que le condamné doit purger sa peine à la prison centrale de Makala et que toute intervention en sa faveur renforcerait l’impunité. Il évoque aussi des présumés dégâts financiers causés à la FRIVAO, estimés à plus de 20 millions de dollars américains, alors qu’un second procès pour détournement de fonds serait en préparation.
L’argument de l’égalité devant la loi
Dans son argumentaire, le président du Front pour la Patrie établit un parallèle avec Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, qui avait été incarcéré dans le cadre d’une affaire judiciaire. Selon lui, ce précédent illustre la nécessité d’appliquer la loi de manière équitable à tous les citoyens, sans distinction de statut ou d’influence.
Un appel à la responsabilité des jeunes
Face à cette situation, le Front pour la Patrie appelle les jeunes à faire preuve de discernement et à ne pas se laisser instrumentaliser. Le mouvement réaffirme son soutien aux institutions judiciaires et insiste sur l’importance de préserver les efforts engagés dans la lutte contre la corruption et l’impunité en RDC. Pour Me Jeannot Lompempe, toute libération de Constant Mutamba en dehors du cadre légal enverrait un signal négatif, compromettant les avancées en matière de gouvernance et d’État de droit.
Entre ferveur patriotique et tensions politiques, cette cérémonie en hommage aux Léopards aura finalement révélé les fractures persistantes autour des questions de justice et d’impunité en République démocratique du Congo.
La Gazette du Continent
