Directement affectés par les tensions entre Iran, Israël et les États-Unis, plusieurs ressortissants congolais dénoncent leurs conditions d’évacuation et appellent à une assistance urgente après leur retour en République Démocratique du Congo.
Face à l’escalade des tensions amorcée fin mars, ces compatriotes ont été contraints de quitter Téhéran dans un contexte d’insécurité croissante. Arrivés à la frontière d’Astara, entre l’Iran et l’Azerbaïdjan, ils affirment avoir passé quatre jours dans des conditions précaires, sans assistance adéquate, exposés à des risques sécuritaires et à de graves difficultés humanitaires.
Une intervention tardive mais décisive, a estimé l’un des étudiants Ruffin Tambwe Kasongo. Ce n’est qu’au cinquième jour que la situation s’est débloquée grâce à l’intervention des autorités congolaises, notamment l’ambassadeur de la RDC à Moscou, Ivan Vangu Ngimbi, appuyé par ses collaborateurs et d’autres représentants diplomatiques. Cette mobilisation a permis l’obtention des autorisations nécessaires pour entrer en Azerbaïdjan.
Survie difficile et soutien limité
Une fois sur place, les ressortissants congolais indiquent avoir survécu pendant plus de deux semaines par leurs propres moyens, avant de bénéficier d’un appui partiel de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Malgré cette aide, ils évoquent des conditions de vie marquées par des difficultés financières, alimentaires et psychologiques.
Retour au pays, mais sans accompagnement
Les rapatriés ont finalement regagné Kinshasa grâce à l’appui de l’OIM. Toutefois, ils dénoncent l’absence de prise en charge à leur arrivée. Certains, notamment originaires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ou sans attaches familiales à Kinshasa, se retrouvent aujourd’hui sans logement ni ressources, dans une situation de grande précarité.
Face à cette situation, les rapatriés lancent un appel pressant au gouvernement congolais et à ses partenaires pour une assistance humanitaire immédiate, un appui à la réinsertion socio-économique, la mise en place de mécanismes durables de protection des Congolais vivant à l’étranger en période de crise.
Ils estiment que leur expérience révèle des insuffisances dans la gestion des situations d’urgence impliquant les diasporas et plaident pour une meilleure anticipation à l’avenir.
À travers le témoignage de Ruffin Tambwe Kasongo, ces citoyens espèrent alerter les autorités sur la nécessité d’un accompagnement structuré et durable des rapatriés, afin d’éviter que des situations de crise extérieure ne se transforment en drames sociaux une fois de retour au pays.
Zacharie Mikunga
