L’esplanade de la maison communale de la Nsele a servi de cadre, le lundi 30 mars, à une audience foraine chargée de tension. Le Tribunal de Grande instance de Kinshasa/Kinkole y tient la deuxième séance du procès en flagrance du docteur David Balanganayi Kayembe.
Accusé d’avoir exercé des violences sur une patiente au sein de l’hôpital de Kinkole, le praticien, actuellement détenu au cachot du parquet, fait face à une vague de réprobation nationale depuis qu’une vidéo de la scène est devenue virale sur les réseaux sociaux.
Pour Christian Nyamabo, analyste politique, philosophe et économiste congolais, les images ne laissent place à aucune ambiguïté. Après visionnage, il récuse toute circonstance atténuante pour celui qu’il refuse désormais de qualifier de médecin. Selon lui, la salle d’intervention qu’il s’agisse de petite chirurgie ou d’accouchement, doit être requalifiée par la justice congolaise en « scène de crime ».
L’analyste pointe du doigt une violence gratuite, illustrée par les propos du prévenu envers sa patiente (« Okeyi ko lokota zemi, pona omonisa bato basi ? »). Selon Christian Nyamabo, cette attitude traduit une dérive identitaire propre à certains membres zélés du « Message du Temps de la Fin », se sentant investis d’un droit divin de juger et de corriger autrui. Il souligne le contraste frappant entre la brutalité disproportionnée du « bourreau en blouse blanche » et la courtoisie de la victime, restée polie malgré l’agression.
L’affaire a suscité une levée de boucliers au sein de la société civile. De nombreuses défenseuses des droits des femmes ont fait le déplacement pour assister à l’audience. Parmi les organisations présentes, l’Agence nationale de lutte contre les violences faites à la femme, à la jeune et petite fille (AVIFEM) a réaffirmé sa détermination à obtenir la condamnation de l’acte posé par le docteur Balanganayi.
Alors que les avocats de la défense sont déjà à pied d’œuvre, les attentes de la partie civile et des observateurs sont claires. Pour Christian Nyamabo, si la radiation de l’Ordre des médecins est « amplement méritée », la justice doit désormais transformer l’essai en infligeant au prévenu une « condamnation exemplaire ».
Tenplar Ngwadi
