Le déplacement entre Uvira et Baraka, dans la province du Sud-Kivu, est devenu un véritable parcours du combattant. Sur les 89 kilomètres de la Route nationale numéro 5 (RN5) reliant les deux villes, le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA dénonce la présence de 26 barrières érigées le long de cet axe.
Selon cette organisation citoyenne, ces barrières représentent en moyenne un point de contrôle tous les 3,42 kilomètres. La plupart exigeraient le paiement de 1.000 francs congolais, avec, à la clé, des tracasseries dénoncées par les usagers.
Le mouvement affirme que ces barrières sont notamment tenues par des éléments des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ainsi que par des groupes qualifiés de « Wazalendo ».
Jusqu’à huit heures pour parcourir 89 kilomètres
À ces barrières s’ajoute l’état fortement dégradé et non asphalté de la RN5. La combinaison de ces difficultés rallonge considérablement la durée du voyage. D’après MACHOZI YA RAÏYA, il faut actuellement compter entre sept et huit heures pour relier Uvira à Baraka, dans les deux sens.
Sans ces différents obstacles, le trajet pourrait être effectué en environ trois à quatre heures. Pour les voyageurs, cette situation entraîne fatigue, dépenses supplémentaires et incertitude sur les conditions de déplacement.
Le lac Tanganyika comme alternative… mais à quel prix ?
Face aux difficultés rencontrées sur la route, de nombreux habitants, mais également certains responsables et acteurs locaux, se tournent vers le transport lacustre sur le lac Tanganyika. Mais cette alternative reste limitée. Le mouvement citoyen déplore l’absence d’une liaison régulière entre Uvira et Baraka.
Les embarcations disponibles seraient principalement destinées au transport des marchandises et se déplaceraient à faible vitesse. Un petit bateau tente néanmoins de répondre à la demande des passagers. Selon MACHOZI YA RAÏYA, cette embarcation, conçue pour accueillir environ 40 personnes, embarquerait régulièrement entre 60 et 100 passagers, créant des conditions de voyage jugées particulièrement précaires.
Le mouvement appelle à davantage d’investissements privés
Au-delà des infrastructures et de la question sécuritaire, MACHOZI YA RAÏYA estime que le développement du transport lacustre passe aussi par une implication accrue des opérateurs économiques locaux.
Dans sa déclaration, le mouvement appelle notamment les entrepreneurs issus des communautés Babembe, Vira et Fuliru, entre autres, à investir davantage dans ce secteur et à envisager la création d’un consortium consacré au transport sur le lac Tanganyika.
Selon l’organisation, une telle initiative pourrait contribuer à désenclaver la région, faciliter la mobilité des populations et stimuler l’économie locale.
Trois revendications adressées aux autorités
Face à cette situation, MACHOZI YA RAÏYA demande aux autorités provinciales et nationales de prendre des mesures urgentes.
Le mouvement réclame notamment le démantèlement immédiat des barrières qu’il qualifie d’illégales sur la RN5 ; la réhabilitation urgente de l’axe Uvira–Baraka ; la mise en place d’une liaison lacustre régulière, sécurisée et, si nécessaire, subventionnée entre Uvira et Baraka.
Pour cette organisation citoyenne, le développement d’une offre de transport sur le lac Tanganyika permettrait de réduire la pression sur la RN5 et d’offrir aux populations une alternative de déplacement plus sûre et plus digne.
Un axe stratégique pour le Sud-Kivu
La RN5 constitue un axe important pour la circulation des personnes et des marchandises dans cette partie du Sud-Kivu. Sa dégradation, les multiples barrières dénoncées et l’insuffisance des alternatives de transport constituent, selon MACHOZI YA RAÏYA, des obstacles majeurs à la mobilité et au développement économique local.
Le mouvement citoyen appelle ainsi les autorités à considérer la liaison Uvira–Baraka comme une priorité en matière de désenclavement, de sécurité routière et de développement des infrastructures.
La Gazette du Continent
