La rupture politique entre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko est désormais officielle. Le chef de l’État a lancé, samedi, sa propre formation politique, tournant ainsi la page de son appartenance au Pastef, le parti qui les avait conduits ensemble au pouvoir en 2024.
Ancien membre des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (Pastef), Bassirou Diomaye Faye a présenté le Parti des Patriotes Républicains, officialisant une séparation qui se dessinait depuis plusieurs mois sur fond de divergences politiques.
Cette nouvelle étape intervient alors que le Sénégal traverse une période marquée par une grave crise de la dette. Les désaccords entre les deux anciens compagnons de route portaient notamment sur la gestion des principaux dossiers économiques, en particulier les discussions engagées avec le Fonds monétaire international (FMI) autour d’un programme de prêt destiné à faire face aux difficultés financières du pays.
Avant même l’annonce officielle de cette nouvelle formation politique, plusieurs cadres du Pastef avaient déjà quitté le parti pour rejoindre le camp du président Faye. Parmi eux figurent des responsables régionaux ainsi que plusieurs membres de la branche jeunesse du mouvement. Des personnalités issues de l’opposition, notamment de l’Alliance pour la République (APR), ont également rallié la nouvelle initiative politique du chef de l’État.
L’alliance entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avait été scellée dans la perspective de l’élection présidentielle de 2024, remportée sous la bannière du Pastef. Présentés à l’époque comme les figures d’un même projet politique, les deux hommes ont progressivement vu leurs divergences s’accentuer jusqu’à conduire à une séparation désormais consommée.
Avec la création du Parti des Patriotes Républicains, le paysage politique sénégalais entre dans une nouvelle phase. Cette recomposition ouvre un affrontement politique entre les deux anciens alliés, qui devrait se mesurer dès les élections locales prévues en 2027, avant de peser sur les équilibres en vue de la présidentielle de 2029.
Tenplar Ngwadi
