Alors que Kinshasa maintient son refus d’associer Joseph Kabila et Corneille Nangaa au dialogue national inclusif annoncé par Félix Tshisekedi, Martin Fayulu défend, lui, leur participation aux assises. Depuis Paris, où il séjourne depuis le week-end, le leader de Lamuka estime que les deux hommes doivent être considérés comme des parties prenantes du processus.
Pour l’opposant, la présence de Joseph Kabila se justifie notamment par son statut d’ancien président de la République. Accusé par le pouvoir congolais d’être à la tête du soutien à l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, l’ancien chef de l’État est également condamné à mort par la justice militaire congolaise.
Martin Fayulu estime que le dialogue pourrait permettre à Joseph Kabila de s’expliquer sur les raisons qui l’auraient conduit à soutenir cette rébellion.
« Ils sont parties prenantes du dialogue. Kabila a dirigé ce pays. Son statut ou son titre, mais il est là. Ils ont dit que c’est lui qui arme et finance l’AFC/M23, mais il doit venir nous dire pourquoi il le fait, quel est le problème », a-t-il déclaré.
Le président de la coalition Lamuka réclame également la participation de Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), fonction qu’il a quittée en octobre 2021. Pour Fayulu, celui qui avait proclamé Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle de 2018 doit lui aussi s’expliquer sur son passage de la tête de la commission électorale à la lutte armée.
« Naanga était le président de la commission électorale nationale indépendante, c’est lui qui a proclamé Tshisekedi comme gagnant, alors que Tshisekedi n’avait pas gagné. Il est là, il a pris les armes contre le pays. Il tue ou il fait tuer ses frères et sœurs, ses semblables qui ont le sang humain comme lui… il faut qu’il vienne dire pourquoi il a fait ça. Comme on dit les linges sales se lavent en famille », a soutenu le leader du C64.
Pour Martin Fayulu, le futur dialogue national inclusif devrait être construit autour de quatre principes : la vérité, la justice, la réconciliation et la cohésion nationale.
Cette prise de position intervient au lendemain de l’annonce, par la coalition C64 pour la défense de l’ordre constitutionnel, de la reprise de ses activités après l’expiration de l’ultimatum adressé au président de la République pour l’organisation du dialogue.
De son côté, Félix Tshisekedi a annoncé, dimanche à Libreville, au Gabon, qu’il s’adresserait prochainement à la nation afin de préciser les contours du dialogue national inclusif. Le chef de l’État a fait cette annonce lors d’un échange avec des membres de la diaspora congolaise, selon la présidence congolaise.
« Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a déclaré Félix Tshisekedi, sans préciser la date de son adresse à la nation ni les modalités retenues pour ces assises.
Par ailleurs, le C64 a annoncé une nouvelle marche pacifique pour le 15 septembre à travers le pays afin de protester contre le projet de changement de la Constitution. À Kinshasa, la mobilisation doit avoir pour point de chute le Palais du peuple, où les élus effectueront leur rentrée parlementaire de septembre.
Tenplar Ngwadi
