L’opposant congolais Martin Fayulu s’est de nouveau attaqué à l’ambition affichée du régime en place de réviser la Constitution du 18 février 2006. Dans un message publié le mardi 21 avril 2026 sur X, le leader de la coalition Lamuka a mis en garde contre une initiative qu’il juge risquée dans le contexte actuel.
Selon lui, engager une révision de la loi fondamentale dans une période marquée par un chaos sécuritaire et la présence de plusieurs administrations parallèles reviendrait à emprunter « une voie périlleuse, aux conséquences dangereuses ».
« Réviser notre Constitution aujourd’hui, dans un contexte de chaos où une partie du territoire est occupée par le Rwanda, où l’autorité de l’État s’érode, où des administrations parallèles prolifèrent et où le peuple souffre chaque jour, c’est s’engager sur une voie périlleuse, aux conséquences dangereuses », a-t-il déclaré.
À l’instar d’autres figures de l’opposition congolaise, Martin Fayulu estime que les difficultés de la RDC ne résident pas dans le texte constitutionnel lui-même, mais dans son application. « Le problème de la RDC n’a jamais été le texte constitutionnel, mais le refus persistant de le respecter », a-t-il affirmé, ajoutant que même une Constitution révisée ou remplacée ne changerait rien si les violations persistent.
L’ancien candidat à la présidentielle a également évoqué les menaces internes, pointant « la soif du pouvoir au détriment du peuple » comme un danger majeur. « Nos ennemis ne sont pas uniquement à nos frontières. (…) Que ceux qui jouent avec le destin de 120 millions de Congolais prennent la mesure de leur responsabilité, avant qu’il ne soit trop tard. Les hommes passent. La Nation demeure », a-t-il interpellé.
Cette prise de position intervient au lendemain de l’appel lancé par le Secrétaire permanent de l’Union sacrée, qui a invité les différentes couches sociales à soumettre des propositions en vue des réformes constitutionnelles. Une commission devrait être mise en place pour examiner ces contributions et produire un rapport final destiné au président Félix Tshisekedi.
Tenplar Ngwadi
