L’UDPS/Tshisekedi apporte son soutien à l’initiative de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo visant à convoquer un dialogue national inclusif. Réunis ce jeudi au siège national du parti, à Limete, les cadres et différentes structures de la formation présidentielle ont également répondu aux critiques formulées par la C64 sur l’inclusivité et le périmètre du dialogue annoncé.
Pour l’UDPS/Tshisekedi, les questions directement liées au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo disposent déjà de cadres de discussion spécifiques. Le parti cite notamment les processus de Doha et de Washington, consacrés, selon lui, aux dimensions liées à l’AFC/M23 et au Rwanda.
L’inclusivité au cœur du débat
L’un des principaux points soulevés par l’UDPS concerne la notion d’inclusivité. Le parti présidentiel estime qu’il n’est pas pertinent de considérer le dialogue national comme un cadre appelé à prendre en charge l’ensemble des dimensions de la crise congolaise.
Dans son argumentaire, l’UDPS rappelle l’existence de plusieurs mécanismes diplomatiques qui traitent déjà des questions relatives à l’occupation de territoires congolais par l’AFC/M23 et à l’implication du Rwanda dans la crise sécuritaire.
« Il existe d’autres cadres de discussion notamment les processus de Doha et de Washington qui prennent en charge les préoccupations de l’occupation de l’AFC/M23 et du Rwanda, pays agresseur », fait observer le parti.
Cette position revient à défendre une articulation entre les différents processus plutôt qu’une concurrence entre eux. Pour l’UDPS, le dialogue national doit être apprécié en fonction de sa nature et de son mandat, sans nécessairement intégrer l’ensemble des protagonistes du conflit armé dans l’Est.
L’AFC/M23 et le Rwanda renvoyés aux cadres diplomatiques
L’UDPS établit ainsi une distinction entre le dialogue national et les négociations consacrées au conflit armé dans l’Est du pays.
Selon cette lecture, le processus national doit permettre aux Congolais d’échanger sur les questions liées à la vie nationale, à la cohésion sociale, à la gouvernance et à la consolidation de la paix. Les aspects directement liés aux affrontements entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23, ainsi que la dimension régionale du conflit et les relations avec le Rwanda, relèvent quant à eux des mécanismes diplomatiques déjà engagés.
Pour le parti présidentiel, cette distinction permet de répondre aux critiques portant sur le caractère inclusif du dialogue voulu par Félix Tshisekedi.
« La paix est aujourd’hui une priorité nationale absolue »
Au-delà de la controverse politique, l’UDPS insiste sur l’urgence sécuritaire et humanitaire à laquelle le pays est confronté. Le parti estime que la guerre ne doit pas être considérée uniquement à travers les affrontements militaires, les positions politiques ou les négociations diplomatiques, mais également à travers ses conséquences sur les populations.
« Derrière les mots guerre, crise humanitaire, insécurité, on sous-entend les êtres humains, des familles, des enfants, des femmes, des hommes », souligne la déclaration politique.
Le parti présidentiel appelle ainsi à placer la recherche de la paix au-dessus des clivages politiques. « Peuple congolais, la paix est aujourd’hui une priorité nationale absolue », affirme-t-il.
Pour l’UDPS, les Congolais attendent de l’État la protection, la sécurité et l’espérance, alors que la persistance du conflit dans l’Est continue d’affecter les populations.
Le dialogue comme instrument de convergence nationale
Face aux divergences politiques autour du projet présidentiel, l’UDPS/Tshisekedi revendique le dialogue comme un outil de responsabilité politique. Le parti estime que les acteurs politiques doivent être capables de dépasser leurs désaccords lorsque les intérêts fondamentaux de la République sont en jeu.
« Le dialogue est la force de ceux qui savent que lorsque l’essentiel, l’intérêt de la Nation doit primer sur toutes les autres considérations », soutient la formation présidentielle.
Cette position rejoint la volonté affichée par Félix Tshisekedi de réunir les différentes composantes de la société congolaise autour d’un cadre de concertation nationale.
L’UDPS réaffirme son soutien à Félix Tshisekedi
En apportant son soutien à l’initiative présidentielle, l’UDPS/Tshisekedi entend conforter le rôle de Félix Tshisekedi dans cette nouvelle séquence politique. Le parti considère que le chef de l’État, en sa qualité de garant de la Nation, doit pouvoir porter une démarche destinée à favoriser une convergence nationale face aux crises auxquelles la RDC est confrontée.
L’UDPS se dit prête à accompagner le processus et à mobiliser ses structures afin que le dialogue contribue à la paix, à la cohésion nationale et à la défense des intérêts supérieurs de la République.
La prise de position du parti présidentiel intervient alors que le projet de dialogue continue de susciter des divergences au sein de la classe politique. Pour l’UDPS/Tshisekedi, la ligne est toutefois définie : rassembler les Congolais autour de l’essentiel, faire de la paix une priorité et utiliser chaque cadre de discussion en fonction de sa mission.
Tenplar Ngwadi
