La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, le 3 juillet 2026, à l’immeuble du Gouvernement à Kinshasa, une réunion stratégique de la Commission spéciale chargée du recouvrement forcé des créances en souffrance du Fonds de promotion de l’industrie (FPI).
L’objectif est de récupérer près de 350 millions de dollars américains dus à cet établissement public afin de renforcer sa capacité de financement de l’industrialisation du pays. Cette initiative fait suite aux orientations issues du Conseil des ministres du 10 avril dernier, au cours duquel le Président de la République avait érigé ce dossier au rang de priorité nationale, considérant le FPI comme un instrument essentiel du développement industriel.

Des créances qui freinent l’industrialisation
Au cours de la réunion, le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des petites et moyennes entreprises, Justin Kalumba, a rappelé que près de 350 millions de dollars demeurent entre les mains de débiteurs n’ayant pas honoré leurs engagements de remboursement. Selon lui, cette situation prive le FPI des ressources nécessaires pour financer de nouveaux projets industriels, soutenir les entreprises nationales et favoriser la création d’emplois.
« Il n’est pas normal que des personnes ayant bénéficié des financements de l’État ne respectent pas leurs engagements de remboursement. Ces ressources doivent être récupérées afin d’être réinvesties dans l’industrialisation du pays », a déclaré le ministre. Justin Kalumba a également souligné que la transformation locale des matières premières constitue une priorité du Gouvernement et que cette ambition passe notamment par le renforcement des capacités financières du FPI.
Une stratégie de recouvrement adaptée à chaque dossier
À l’issue des échanges, la Première ministre a demandé l’élaboration d’une cartographie détaillée des créances afin de classer les dossiers selon leur nature et d’adopter une stratégie de recouvrement adaptée à chaque catégorie de débiteurs. Le ministre Justin Kalumba a annoncé que les travaux se poursuivront au cours de ce mois de juillet afin d’identifier les modalités de récupération des fonds publics.
« Nous allons catégoriser l’ensemble des créances en souffrance et engager les démarches nécessaires auprès des débiteurs afin que chacun assume ses obligations envers l’État ».

Le Gouvernement réaffirme son engagement en faveur de la bonne gouvernance
Pour l’Exécutif, le recouvrement de ces créances s’inscrit dans la politique de bonne gouvernance et de mobilisation des ressources internes. Certaines dettes remontent à près de vingt ans, ce qui illustre l’ampleur du défi. Les autorités estiment que les fonds récupérés permettront au FPI de financer davantage de projets industriels, de soutenir la transformation locale des matières premières et de contribuer à la création d’emplois.

La réunion a rassemblé plusieurs responsables d’institutions, notamment le Premier président de la Cour de cassation, les ministres concernés, les responsables de l’Inspection générale des finances (IGF), du Conseil national de cyberdéfense (CNC), de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la Direction générale de migration (DGM), ainsi que le Comité de gestion du Fonds de promotion de l’industrie (FPI).
Zacharie Mikounga
