Condamné à deux ans de servitude pénale pour offense au chef de l’État, l’opposant Kamizelo Sukadi Parole, détenu à la prison centrale de Makala à Kinshasa, serait confronté à une dégradation préoccupante de ses conditions de sécurité. Son avocat, Eloi Mubilansama, a saisi mardi 18 août la direction de la maison carcérale pour réclamer des mesures urgentes.
Dans une correspondance adressée au directeur de la prison centrale de Makala, l’avocat affirme que son client aurait été passé à tabac et ferait l’objet de menaces de mort « directes et explicites ». Il rapporte également une intrusion nocturne dans la cellule du détenu, au cours de laquelle une personne aurait tenté de lui administrer un produit médical.
Pour Eloi Mubilansama, ces faits traduisent un ciblage délibéré de son client et feraient peser sur lui un danger imminent. Il demande ainsi à l’administration pénitentiaire de renforcer immédiatement sa protection et d’ouvrir une enquête interne afin d’établir les circonstances de ces incidents.
L’avocat réclame par ailleurs le retour de Kamizelo Sukadi Parole dans sa cellule habituelle, située au pavillon 8 de la prison centrale de Makala. Il rappelle les dispositions légales congolaises ainsi que les instruments internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par la RDC.
« En cas de défaillance, la responsabilité de l’administration pénitentiaire sera pleinement engagée devant les instances judiciaires », prévient-il dans sa correspondance.
Un opposant très critique envers le pouvoir
Membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ancien président Joseph Kabila, Kamizelo Sukadi Parole s’est fait connaître depuis mi-2025 par ses interventions très critiques à l’égard du régime de Kinshasa. Il est également connu pour sa formule « oza maitrisable », qu’il utilise régulièrement lors de ses échanges avec ses contradicteurs dans les émissions politiques.
Lors de son procès, le ministère public lui reprochait notamment d’avoir nié l’existence d’un mariage officiel du président Félix Tshisekedi, tout en réclamant avec insistance des preuves photographiques de cette union sur les plateaux de télévision.
Condamné en mars dernier par le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe à deux ans de servitude pénale, l’opposant purge actuellement sa peine à Makala.
Son parti, le PPRD, continue de réclamer sa libération immédiate et sans conditions.
Tenplar Ngwadi
