Des organisations de la société civile et des mouvements citoyens ont appelé, samedi 29 août 2026 à Kinshasa, à la tenue d’un dialogue national véritablement inclusif, placé sous le signe de la défense de l’ordre constitutionnel, de la paix et de la cohésion nationale.
A l’initiative du Forum Citoyen, les participants ont réfléchi autour du thème : « Dialogue national et défense de l’ordre constitutionnel : quelle contribution citoyenne ? »
Dans leur déclaration, ces organisations rappellent que l’ordre constitutionnel, la paix, la cohésion nationale et l’alternance démocratique constituent, selon elles, des acquis obtenus au terme de longues luttes menées par les filles et fils de la République Démocratique du Congo.
Un dialogue salué, mais qui doit être inclusif
Les organisations de la société civile disent saluer l’annonce du dialogue national par le président de la République. Elles souhaitent toutefois que ces assises deviennent un véritable instrument de consolidation de la paix, de protection de la Constitution et de renforcement de la cohésion nationale.
Pour les signataires, la réussite de ce dialogue dépend notamment de son caractère inclusif. Toutes les parties prenantes devraient, selon eux, pouvoir y prendre part afin de contribuer à la recherche des solutions à la crise politique, sécuritaire et sociale qui secoue le pays.
Ils estiment également que le dialogue doit contribuer à la restauration de l’intégrité territoriale de la RDC et à la consolidation de la paix.
Opposition à la loi sur le référendum
Autre point majeur de la déclaration, c’est la loi sur le référendum. Tout en prenant acte de la décision du chef de l’État de renvoyer cette loi au Parlement, les organisations demandent son abandon pur et simple. Elles considèrent que cette initiative ouvre, à leurs yeux, la voie à une remise en question de l’ordre constitutionnel.
Elles appellent ainsi l’Assemblée nationale et le Sénat à ne pas poursuivre une démarche qu’elles jugent susceptible de fragiliser la cohésion nationale et les acquis démocratiques.
Une situation sécuritaire jugée préoccupante
La déclaration revient également sur la situation sécuritaire dans l’est du pays. Les organisations participantes dénoncent la poursuite de l’occupation de vastes territoires congolais par l’AFC-M23, qu’elles affirment être soutenue par le Rwanda.
Elles évoquent notamment le non-respect, selon elles, de certaines résolutions des Nations unies, particulièrement la résolution 2773, ainsi que des engagements pris dans le cadre des accords de Washington.
Pour ces acteurs citoyens, la persistance de la crise sécuritaire, combinée à la crispation du climat sociopolitique, constitue une menace pour les fondations démocratiques et la cohésion nationale.
Luanda, Washington et Doha : des processus de paix au point mort
Les signataires dressent également un constat préoccupant concernant les différents processus de paix engagés pour tenter de mettre fin aux conflits dans l’est de la RDC.
Ils estiment que les processus de Luanda et de Washington sont actuellement à l’arrêt, tandis que le processus de Doha, initialement engagé dans un autre cadre, est désormais délocalisé à Genève.
Face à cette situation, ils encouragent les parties prenantes à privilégier la voie pacifique et à inscrire le dialogue national dans une dynamique complémentaire aux initiatives de paix en cours.
La société civile dénonce sa récupération politique
Les organisations dénoncent par ailleurs ce qu’elles qualifient de tendance de certains acteurs politiques à « inféoder la société civile », notamment à travers la création de différents camps destinés, selon elles, à servir des intérêts politiques.
Elles appellent la société civile à préserver son indépendance et à rester mobilisée autour de l’intérêt général, de la défense de la Constitution, de la paix et de la cohésion nationale.
La déclaration évoque également des préoccupations liées à la riposte gouvernementale contre le virus Ebola, jugée marquée par des hésitations.
Six recommandations aux institutions et à la population
Au terme de leurs échanges, les organisations de la société civile et les mouvements citoyens formulent plusieurs recommandations.
Elles demandent d’abord au président de la République de poser des actes concrets en faveur de la décrispation politique et de favoriser un dialogue véritablement inclusif. Elles l’exhortent également à demander à sa famille politique d’abandonner tout projet de révision ou de modification de la Constitution.
Au Parlement, elles demandent l’abandon de la loi sur le référendum.
Les acteurs politiques sont, pour leur part, invités à s’engager résolument dans la voie du dialogue et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
La société civile est appelée à se resserrer autour de sa mission d’acteur de la vie nationale au service du bien commun, tout en renforçant son engagement en faveur de la Constitution, de la paix et de la cohésion nationale.
Les partenaires et amis de la RDC sont également exhortés à soutenir les efforts de règlement pacifique des conflits, notamment à travers la tenue d’un dialogue national inclusif.
Enfin, les organisations lancent un appel à la mobilisation du peuple congolais pour protéger la Constitution contre toute révision ou tout changement et préserver les acquis démocratiques.
Préserver les acquis démocratiques
À travers cette déclaration datée du 29 août 2026, les organisations signataires placent ainsi la défense de la Constitution au cœur de leur contribution au débat national.
Elles considèrent le dialogue comme une opportunité de décrispation et de recherche d’une solution politique à la crise, mais insistent sur la nécessité de préserver l’ordre constitutionnel, la cohésion nationale et les acquis démocratiques de la République Démocratique du Congo.
Zacharie M. Mikounga
