Invité jeudi soir du Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Azarias Ruberwa s’est exprimé sur la condamnation à mort prononcée par contumace contre l’ancien président Joseph Kabila. L’ancien allié de ce dernier au sein du gouvernement de transition a notamment mis en cause la régularité de la procédure judiciaire.
Azarias Ruberwa a estimé que le procès lui paraît « irrégulier », aussi bien sur la forme que sur le fond. Il a notamment relevé l’absence, selon lui, de preuves tangibles présentées publiquement par les avocats de la partie civile, malgré l’annonce de témoins et d’éléments liés au financement.
« Je n’en ai pas vu, et personne d’autre non plus », a-t-il déclaré, avant d’estimer qu’« il n’est pas faux de dire qu’il y a eu un règlement de comptes ».
L’ancien responsable politique a toutefois rappelé les divergences qui l’avaient opposé aux dirigeants de la transition à l’époque. Avec le recul, il considère que le temps a permis de dépasser ces tensions, évoquant comme une forme de « grandeur » le fait de pouvoir aujourd’hui « se serrer la main » malgré les rivalités du passé.
Revenant sur l’arrivée de Joseph Kabila au pouvoir en 2018, Ruberwa a rappelé qu’elle reposait, selon lui, sur un accord politique plutôt que directement sur la volonté populaire. Il estime que la rupture ultérieure de cet accord a contribué à aggraver la situation.
L’ancien allié de Joseph Kabila a également replacé le procès dans une perspective historique. Il a rappelé que, sous le régime de Mobutu, des procès politiques avaient déjà abouti à des condamnations et à des exécutions de personnes qu’il considère comme innocentes.
Assumant ses prises de position, Azarias Ruberwa a expliqué vouloir s’exprimer au nom de la vocation de la RDC à jouer un rôle de leadership régional, notamment à travers sa participation à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
Il est également revenu sur son passage dans l’opposition entre 2015 et 2016, période durant laquelle la communauté internationale, notamment à travers des envoyés spéciaux américains et des prises de position de l’Union européenne, s’était mobilisée contre une éventuelle modification de la Constitution permettant à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.
Dix ans plus tard, il s’interroge sur la discrétion actuelle de ces mêmes acteurs internationaux face aux évolutions politiques en RDC. Il a néanmoins insisté sur la nature de son propos, précisant qu’il entendait parler de la nation congolaise et de ses institutions, « pas sur des individus ».
Keno M.
