Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a présenté vendredi 21 août le bilan de sa première année d’action, à l’occasion du briefing de presse du gouvernement consacré à la redevabilité de l’exécutif.
Intervenant aux côtés de Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Guillaume Ngefa a dressé un état des lieux du secteur de la Justice, évoquant la situation héritée à son arrivée, les mesures prises, les réformes engagées, mais aussi les difficultés qui persistent.

Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de restaurer la crédibilité de la Justice congolaise. Selon lui, cette crédibilité constitue une condition essentielle pour rétablir la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.
Au cours de cette première année, le ministère affirme avoir renforcé la lutte contre l’impunité, la corruption et les spoliations. Guillaume Ngefa a également annoncé la mise en place d’un mécanisme permanent de suivi des injonctions, dans le respect de l’indépendance de la Justice, ainsi que l’ouverture prochaine de procès publics liés au phénomène dit « Folio ».
Plusieurs réformes sont par ailleurs en cours, parmi lesquelles la création d’un Tribunal pénal économique et financier, un projet de loi contre la corruption, la réforme de la justice militaire, la modernisation de l’Inspection générale et l’opérationnalisation de la profession notariale. Le ministre a également cité la transformation numérique du secteur à travers le programme Justice 2.0.
Le rapprochement de la Justice avec les citoyens figure aussi parmi les priorités annoncées. Après Lubumbashi, Demba et Kinshasa/Kalamu, six nouveaux complexes judiciaires doivent être construits afin de contribuer à réduire le « désert judiciaire ».

Sur le plan international, Guillaume Ngefa a mis en avant la diplomatie judiciaire comme un instrument de défense des intérêts de la RDC et de lutte contre l’impunité. Il a rappelé la saisine de la Cour internationale de Justice par Kinshasa contre le Rwanda, ainsi que le renforcement de la coopération avec la Cour pénale internationale et plusieurs États partenaires.
L’objectif affiché est de ne laisser aucun espace d’impunité aux auteurs et responsables de crimes graves commis sur le territoire congolais.
Le ministre a également abordé la situation des établissements pénitentiaires. Malgré les efforts entrepris pour désengorger et réhabiliter les prisons, la surpopulation carcérale et les conditions de vie des détenus restent préoccupantes. Pour Guillaume Ngefa, la privation de liberté ne doit pas conduire à la perte de dignité.

Le financement constitue enfin l’un des principaux défis identifiés. Le ministre estime que les moyens actuellement consacrés à la Justice restent insuffisants au regard des ambitions de l’État de droit, citant notamment un budget de 50 millions de dollars pour un pays de plus de 100 millions d’habitants.
Pour sa deuxième année d’action, Guillaume Ngefa entend ainsi accélérer et consolider les réformes engagées, avec l’objectif de parvenir à des résultats concrets pour les citoyens. L’ambition affichée reste celle d’une Justice « crédible, accessible et efficace », au service de la population et de la République.
Tenplar Ngwadi
