Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a clarifié la position de l’organe de régulation sur une éventuelle fermeture de TikTok en République démocratique du Congo. Invité du Space Live d’ACTUALITE.CD animé par Stanis Bujakera Tshiamala et Patient Ligodi, il a assuré qu’aucune décision de fermeture n’avait été prise à ce stade.
Cette mise au point intervient après une précédente déclaration du président du CSAC évoquant une possible fermeture « momentanée » de la plateforme, qui avait suscité des réactions, y compris au sein du gouvernement. Christian Bosembe affirme désormais que la question reste en discussion et que le dossier est encore en phase de maturation au sein de son institution.
La fermeture reste une option
Le président du CSAC a toutefois indiqué que l’hypothèse d’une restriction ou d’une fermeture de TikTok n’était pas écartée. Pour l’heure, l’option privilégiée reste la coopération avec la plateforme, à condition que celle-ci produise des résultats concrets.
Christian Bosembe présente les échanges engagés avec TikTok comme un dialogue mené avec fermeté et dans une logique de souveraineté. Il estime ainsi que la coopération ne doit pas être interprétée comme une position de faiblesse de la part des autorités congolaises.
Près de 2 000 comptes signalés
Le président du CSAC a également révélé que des discussions avaient déjà été engagées avec les responsables de TikTok. Selon lui, le régulateur congolais a signalé environ 2 000 comptes considérés comme malveillants, qu’il attribue en grande partie à la mouvance du M23/AFC.
Trois principales demandes auraient été formulées à la plateforme : retirer les comptes identifiés, supprimer les vidéos considérées comme problématiques et établir une liste noire de personnalités jugées dangereuses.
Pour illustrer cette dernière demande, Christian Bosembe a évoqué les suspensions dont certaines personnalités, notamment Donald Trump, avaient fait l’objet sur des réseaux sociaux par le passé.
Une première réponse jugée insuffisante
D’après le président du CSAC, TikTok aurait initialement manifesté sa volonté de collaborer après réception de la liste des comptes signalés. Mais la réponse apportée par la plateforme n’aurait pas satisfait les attentes du régulateur.
Christian Bosembe affirme que certains comptes et contenus ont simplement été rendus moins visibles, sans être supprimés. Il considère cette réaction comme une volonté encore limitée, tout en indiquant rester prudent dans son appréciation.
La sécurité nationale au cœur de la position du CSAC
Face à une coopération qui ne produirait pas les résultats attendus, le président du CSAC n’exclut donc pas l’adoption de mesures plus restrictives. Il cite notamment les cas du Gabon, de l’Inde et des États-Unis, qui ont, selon lui, pris des mesures de suspension contre certaines plateformes dans des contextes jugés sensibles.
Pour Christian Bosembe, une éventuelle restriction de TikTok s’inscrirait dans une logique suivie par des États confrontés à des enjeux de sécurité nationale.
Pour défendre cette position, il s’est référé à la pensée du philosophe Thomas Hobbes sur le rapport entre liberté et sécurité. Il estime qu’un État doit pouvoir restreindre certaines libertés lorsque sa sécurité est menacée.
Le président du CSAC affirme ainsi ne pas vouloir opposer les intérêts économiques et commerciaux liés à TikTok aux impératifs de sécurité nationale. Pour lui, la priorité demeure la protection de l’État, tout en recherchant un équilibre entre les deux exigences.
À ce stade, aucune fermeture de TikTok n’est donc actée en RDC. La poursuite de la coopération avec la plateforme reste privilégiée, mais son maintien dépend, selon Christian Bosembe, de l’obtention de résultats jugés concrets par le régulateur.
Tenplar Ngwadi
