Les faits, présumés s’être déroulés dans la nuit de samedi à dimanche 19 avril 2026, ont suscité une vive émotion. Une vidéo, diffusée par un lanceur d’alerte et parvenue au Ministère de la Justice, mettrait en scène plusieurs individus, dont certains en uniforme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), infligeant des violences corporelles à une personne.
Les événements auraient eu lieu aux alentours de 4 heures du matin, dans la commune de Ngaliema, quartier Pigeon, au domicile de la chanteuse Déborah Tshimpaka, plus connue sous son nom de scène Rebo Tchulo.
Face à la gravité des images, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a rapidement enjoint l’Auditeur général des FARDC d’ouvrir une enquête judiciaire. L’objectif est « d’établir la matérialité des faits imputés à des hommes en uniforme ».
Le ministère souligne que, sans préjuger des responsabilités individuelles, les actes dénoncés, s’ils sont avérés, sont susceptibles de constituer des infractions d’une « particulière gravité ». Parmi celles-ci, le communiqué cite les actes de torture, les coups et blessures volontaires, ainsi que l’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi. Ces faits relèvent de la compétence des juridictions militaires, conformément au Code pénal militaire.
Le Ministère de la Justice rappelle également que de tels agissements constituent une « violation manifeste des principes consacrés par la Constitution de la RDC », notamment ceux relatifs au respect de la dignité humaine, à l’intégrité physique et à l’interdiction absolue de la torture. Ces actes iraient également à l’encontre des obligations internationales du pays, notamment la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Par conséquent, Guillaume Ngefa a donné instruction de mener une enquête approfondie afin d' »identifier les responsables et d’engager des poursuites devant les juridictions compétentes ». Le Ministre réaffirme par ailleurs « l’attachement du Gouvernement au respect de l’État de droit, à la lutte contre l’impunité, ainsi qu’à la protection sans aucune distinction de l’intégrité physique et de la dignité de toute personne ». L’affaire est désormais entre les mains de la justice militaire.
Tenplar Ngwadi
