Le vice-Premier ministre Adolphe Muzito plaide pour que le Dialogue national annoncé en République démocratique du Congo aboutisse à l’adoption d’une Constitution véritablement issue de la volonté du peuple congolais. Dans sa 37ᵉ tribune, publiée le 24 août, il estime que le pays doit mettre fin à une succession de textes constitutionnels qu’il considère comme essentiellement transitoires.
Selon Adolphe Muzito, les Constitutions adoptées en RDC depuis l’indépendance n’auraient jamais été élaborées directement par le véritable détenteur de la souveraineté nationale. Il cite notamment la Loi fondamentale de 1960, dont la rédaction a été assurée par le Parlement belge.
Il évoque également la Constitution du 18 février 2006, élaborée, selon lui, par un Parlement de transition non élu et promulguée par un président qui n’avait pas lui-même été élu.
Pour le vice-Premier ministre, cette situation constitue un « péché originel » qu’il conviendrait désormais de corriger à travers un processus constitutionnel fondé sur la souveraineté populaire.
Une Constitution issue du peuple
Adolphe Muzito considère que le Dialogue national offre au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo une occasion de créer les conditions nécessaires à l’élaboration d’un processus transparent, inclusif et souverain.
L’objectif, selon lui, serait de permettre aux Congolais de se doter enfin d’une Constitution « définitive », conçue comme l’expression de la volonté du peuple.
Ce nouveau texte devrait notamment permettre de mieux protéger l’unité et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Muzito souhaite également qu’il clarifie les compétences respectives du pouvoir central et des provinces.
Il estime enfin qu’une telle Constitution devrait contribuer à renforcer les moyens de l’État face à l’agression extérieure.
À travers cette proposition, Adolphe Muzito souhaite ainsi inscrire le Dialogue national dans une réflexion plus large sur les fondements institutionnels de la RDC et sur la nécessité, selon lui, de doter le pays d’un texte constitutionnel pleinement porté par son peuple.
Tenplar Ngwadi
