Voici maintenant dix-sept ans que Jeannot Bemba Saolona, natif du territoire de Libenge, dans la région de l’Équateur, s’est éteint à Bruxelles, le 1er juillet 2009, à l’âge de 67 ans.
Qui était Jeannot Bemba Saolona ?
Né le 3 septembre 1942 à Libenge, il appartenait au peuple Ngbaka, des agriculteurs proches des Ngbandi, des Ngombe et des Budja. Il fut l’un des piliers du régime zaïrois.
Très proche du maréchal Mobutu Sese Seko Nzanga Mobutu, fils de l’ancien président zaïrois, ayant épousé une fille Bemba, il fut longtemps un homme puissant.
Self-made-man sans formation supérieure, c’est en tant qu’entrepreneur qu’il s’exprimait le mieux. Cette réussite lui vaudra de diriger l’Association nationale des entreprises du Zaïre (Aneza). Investissant à tour de bras, ses activités s’étendaient du café aux minerais précieux, en passant par l’importation et l’exportation de produits agricoles et le transport aérien.
Jeannot Bemba Saolona consacra l’essentiel de sa vie aux affaires avant de se lancer en politique. Considéré comme un véritable capitaine d’industries, il choisit d’investir dans son propre pays, d’abord dans l’agriculture, où il devint l’un des premiers exportateurs de café, puis dans l’industrie manufacturière et le secteur des transports.
À la chute du maréchal Mobutu, en 1997, contrairement à la plupart des barons de l’ancien régime, Bemba Saolona refusa l’exil. Les nouveaux dirigeants l’arrêtèrent néanmoins et confisquèrent ses biens. Pendant ce temps, son fils Jean-Pierre Bemba entrait en rébellion et prenait les armes contre Kabila.
Selon certains analystes, le Mzee Laurent-Désiré Kabila aurait voulu se servir du père pour atteindre le fils : il le nomma ministre de l’Économie et de l’Industrie en mars 1999.
Jeannot Bemba Saolona fut ensuite nommé en 2003, membre du Parlement de transition pour le compte du MLC, puis élu en 2006, sénateur dans son fief du Sud-Ubangi. Très affecté par l’arrestation de son fils, incarcéré à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), il s’investit beaucoup pour réclamer sa libération.
Jean-Claude Mombong Mass
