Le Gouvernement de la République démocratique du Congo annonce avoir procédé à la libération de quinze personnes, dans le cadre de la mise en œuvre de ses engagements souscrits au titre du processus de paix de Doha. L’opération, réalisée les 6 et 7 août 2026, s’inscrit dans le mécanisme de libération des prisonniers prévu par l’accord signé le 14 septembre 2025.
Selon le ministère de la Communication et des Médias dans un communiqué de presse parvenu à la Gazette du Continent dans la soirée de ce vendredi 6 août 2026, les personnes libérées ont été acheminées depuis Beni, dans le Nord-Kivu, avant de transiter par le territoire ougandais. Elles ont ensuite été remises à l’AFC/M23 à Rutshuru, avec la facilitation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a agi en qualité d’intermédiaire neutre.
Kinshasa précise que l’opération s’est déroulée avec le consentement des personnes concernées et dans le respect des impératifs de sécurité, de dignité humaine ainsi que des mesures sanitaires en vigueur, dans un contexte marqué par la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans plusieurs provinces de la RDC.
Cette libération constitue, selon le Gouvernement congolais, une étape dans l’application progressive des engagements pris dans le cadre du processus de Doha. Elle intervient notamment dans le prolongement de la Déclaration de principes relative au respect du cessez-le-feu, aux mesures de confiance et à la mise en œuvre du mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu.
Le Gouvernement indique également que les discussions se poursuivent en vue de parvenir à la conclusion des six protocoles encore en attente, destinés à compléter le processus devant aboutir à un accord de paix global entre les parties.
Pour Kinshasa, la libération des quinze personnes constitue une preuve de sa volonté de respecter les engagements souscrits. Le Gouvernement souligne toutefois que la réussite du processus dépend, selon lui, d’une application effective et réciproque des engagements par toutes les parties.
Dans son communiqué, l’exécutif congolais dénonce parallèlement ce qu’il présente comme des violations répétées du cessez-le-feu et des engagements convenus. Il met notamment en cause le Rwanda et l’AFC/M23, qu’il accuse de poursuivre des actions hostiles susceptibles, selon lui, de compromettre l’avancée du processus et sa crédibilité.
Kinshasa appelle ainsi à l’opérationnalisation effective du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance du cessez-le-feu (MCVE+), afin que les incidents et violations allégués puissent faire l’objet de vérifications indépendantes sur le terrain. Le Gouvernement estime que ce dispositif doit permettre d’établir les faits conformément aux engagements pris dans le cadre de Doha.
Le Gouvernement congolais salue par ailleurs l’intervention du CICR comme intermédiaire neutre et remercie les autorités ougandaises pour leur contribution à la facilitation du transfert. Cette opération intervient alors que le processus de Doha reste confronté à des difficultés dans la mise en œuvre de plusieurs de ses engagements.
Enfin, Kinshasa réaffirme son attachement au processus de paix et dit vouloir poursuivre l’application de ses engagements de bonne foi. Il appelle les autres parties à faire de même, en mettant en avant le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et des intérêts fondamentaux de la République démocratique du Congo.
Magloire Mutulwa
