La République démocratique du Congo intensifie ses démarches diplomatiques pour obtenir des soutiens à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Plusieurs pays ont déjà exprimé publiquement leur appui, tandis que Kinshasa poursuit ses sollicitations auprès d’autres États membres.
Parmi les soutiens officiellement confirmés figure le Gabon. Lors de la visite du président Félix Tshisekedi à Libreville, le 15 août 2026, son homologue gabonais, Brice-Clotaire Oligui Nguema, a assuré le chef de l’État congolais du « soutien total » de son pays à la candidature congolaise.
Le Cap-Vert a également été approché dans le cadre de cette campagne. Le 6 avril, à Praia, le président José Maria Neves avait reçu le ministre congolais Crispin Mbadu. La RDC avait alors plaidé pour le soutien capverdien, les deux parties réaffirmant leur convergence autour d’une « Francophonie des peuples ».
À Kinshasa, le gouvernement congolais avait officialisé la candidature de Juliana Amato Lumumba le 26 février 2026, tout en réaffirmant son soutien à celle-ci.
Une offensive diplomatique qui se poursuit
D’autres démarches sont actuellement engagées. Le Tchad a notamment été sollicité le 6 mai, avec une demande de soutien adressée au président Mahamat Idriss Deby Itno.
En Europe, plusieurs capitales ont également été ciblées. Juliana Amato Lumumba a été reçue le 25 juin par le vice-Premier ministre belge Maxime Prévot. Le 4 août, le ministre Crispin Mbadu a, pour sa part, reçu à Kinshasa l’ambassadeur de France, Rémi Maréchaux, afin de lui présenter les principaux axes du projet et de solliciter l’appui de Paris.
La RDC avait également envoyé un émissaire au Luxembourg le 10 avril pour défendre sa candidature, en mettant notamment en avant le poids démographique de l’espace francophone congolais. Au cours de la même tournée européenne, les émissaires congolais avaient sollicité le soutien des instances de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
La Suisse figure également parmi les pays approchés. Le 14 avril, une délégation conduite par Crispin Mbadu avait sollicité Berne, en mettant en avant le rôle d’influence de la Suisse en matière de médiation et de neutralité au sein de l’OIF.
Au Canada, la démarche a notamment pris la forme d’un lobbying parlementaire. Le 21 avril à Ottawa, Crispin Mbadu avait mené des séances de persuasion auprès des députés fédéraux du groupe d’amitié Canada-RDC ainsi que de membres du gouvernement canadien.
La campagne congolaise doit également s’étendre à l’Afrique du Nord, avec la Tunisie, le Maroc et l’Égypte ciblés dans le cadre d’une tournée consacrée au bloc nord-africain.
En Asie, le Cambodge, le Laos et le Vietnam sont également inscrits au calendrier de la campagne congolaise. Le Cambodge accueillera en novembre 2026, à Phnom Penh, le XXe Sommet de la Francophonie. La RDC prévoit ainsi de mobiliser les voix du bloc asiatique au cours d’une tournée finale programmée au début de l’automne, avant le scrutin.
Un scrutin prévu en novembre à Phnom Penh
L’élection du prochain secrétaire général de la Francophonie doit se tenir en novembre 2026 à Phnom Penh, à l’occasion du XXe Sommet de la Francophonie.
Le pouvoir électoral au sein de l’OIF est détenu par les 54 membres de plein droit, composés d’États et de gouvernements. Il s’agit notamment de la RDC, du Congo, du Gabon, du Cameroun, du Tchad, de la République centrafricaine, du Burundi, du Rwanda, de Sao Tomé-et-Principe et de la Guinée équatoriale en Afrique centrale, ainsi que du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Togo, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau en Afrique de l’Ouest.
L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient comptent notamment le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, le Liban, Djibouti, les Comores, les Seychelles, Madagascar et Maurice. L’espace européen comprend notamment la France, la Belgique et la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Luxembourg, la Suisse, Monaco, Andorre, l’Albanie, l’Arménie, la Bulgarie, la Grèce, la Macédoine du Nord, la Moldavie et la Roumanie. Dans les Amériques figurent notamment le Canada, le Canada-Québec, le Canada-Nouveau-Brunswick, Haïti, Sainte-Lucie et la Dominique. Le groupe Asie-Pacifique comprend notamment le Cambodge, le Laos, le Vietnam et le Vanuatu.
Les sept membres associés et les 32 observateurs ne disposent, eux, d’aucun droit de vote.
Le corps électoral appelé à participer au scrutin de novembre pourrait toutefois être réduit en raison des sanctions politiques frappant certains membres de l’organisation. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Guinée, actuellement suspendus des instances de l’OIF à la suite de coups d’État ou de ruptures de l’ordre démocratique, ne pourront pas prendre part au vote si leurs sanctions ne sont pas levées avant le sommet.
À quelques mois du scrutin, Kinshasa poursuit ainsi ses efforts pour consolider les appuis autour de la candidature de Juliana Amato Lumumba, entre soutiens déjà affichés et nouvelles sollicitations diplomatiques.
Tenplar Ngwadi
