La France a exprimé, lundi 27 avril 2026, sa « préoccupation » après les attaques d’une ampleur inédite menées au Mali par les rebelles touaregs et la branche sahélienne d’Al-Qaïda. Paris dit souhaiter « qu’une paix et une stabilité durables soient instaurées au Mali », dans un contexte de forte dégradation sécuritaire.
Cette prise de position intervient trois jours après une série d’attaques coordonnées revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, en alliance avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), rébellion touareg créée en novembre 2024. Les opérations ont visé des positions stratégiques du pouvoir central en périphérie de Bamako ainsi que dans plusieurs grandes villes du pays.
Selon une source diplomatique française citée par l’Agence France-Presse, la France « condamne avec la plus grande fermeté les violences commises à l’encontre des civils » et exprime « sa solidarité à l’égard de la population malienne ». Elle affirme également suivre de près la sécurité de ses ressortissants sur place et les appelle à la plus grande prudence.
Sans mentionner explicitement les autorités au pouvoir depuis le coup d’État de 2020, ni le général Assimi Goïta, Paris réaffirme son souhait de voir s’installer une paix durable dans le pays.
Une alliance spectaculaire contre le pouvoir central
Les attaques du 25 avril illustrent de manière spectaculaire le rapprochement entre le JNIM et le FLA, une alliance scellée il y a un an autour d’un objectif commun : combattre le pouvoir central malien et ses alliés paramilitaires russes.
Dans un communiqué, le JNIM a revendiqué une « victoire », saluant le fruit d’un « travail acharné », d’une coordination avec ses « partenaires » et de la « participation active » de ses alliés du Front de libération de l’Azawad.
Kidal repasse sous contrôle rebelle
Les deux groupes ont mené un assaut conjoint contre Kidal, ville stratégique du nord du Mali. Ils en ont repris le contrôle, après l’avoir perdue en novembre 2023 à la suite d’une offensive de l’armée malienne soutenue par des paramilitaires russes.
À Gao également, rebelles et djihadistes ont combattu ensemble samedi. Selon des sources sécuritaires, ils ont été repoussés par l’armée malienne, mais restent déployés dans la zone.
Un scénario qui rappelle 2012
Ces offensives rappellent les événements de 2012, lorsque des rebelles touaregs s’étaient alliés à des groupes djihadistes pour s’emparer des principales villes du nord du Mali. Cette alliance avait ensuite volé en éclats, débouchant sur des affrontements violents entre les deux camps, les djihadistes finissant par évincer les indépendantistes touaregs.
Le nord du Mali avait finalement été libéré de l’occupation djihadiste en janvier 2013, à la faveur de l’intervention de l’armée française.
Depuis, les relations entre les deux mouvements sont restées marquées par la méfiance et des affrontements sporadiques, y compris encore en avril 2024 à la frontière mauritanienne, selon Wassim Nasr, spécialiste des mouvements djihadistes et chercheur au Soufan Center.
Tenplar Ngwadi
