L’Institut congolais pour la conservation de la nature, ICCN, a apporté des précisions sur l’obligation faite aux pêcheurs opérant sur le lac Édouard de faire immatriculer leurs embarcations avec des plaques portant les insignes de l’institution.
Cette mise au point intervient après des plaintes exprimées par certains pêcheurs de Kasindi Port, qui dénoncent notamment des tracasseries et des arrestations qu’ils jugent liées à l’absence de ces plaques.
Dans une intervention médiatique mardi 25 août 2026, Méthode Uwoze, chargé des relations extérieures du Parc national des Virunga, a rejeté les accusations d’arrestations arbitraires imputées à l’ICCN.
Selon lui, l’immatriculation des pirogues répond avant tout à un besoin d’identification et de contrôle. Le dispositif doit permettre de distinguer les embarcations autorisées de celles qui opèrent en dehors de la réglementation.
L’ICCN estime également que cette mesure peut contribuer à une meilleure organisation du secteur de la pêche et au renforcement de la sécurité sur le lac.
Méthode Uwoze a par ailleurs rappelé que, selon l’institution, les arrestations relèvent de la compétence des services habilités de l’État lorsqu’elles sont légalement justifiées. L’ICCN affirme, de son côté, mener des activités de surveillance et de contrôle dans le cadre de ses missions de conservation.
La controverse porte aussi sur le statut de Kasindi Port. Selon le responsable du Parc national des Virunga, cette localité ne figure pas parmi les pêcheries officiellement reconnues sur le lac Édouard.
D’après les explications fournies par l’ICCN, cinq pêcheries sont actuellement considérées comme légales : Nyakakoma, Vichumbi, Kavinyonge, Kisaka et Lunyasenge. Les personnes qui exercent des activités de pêche à Kasindi Port devraient donc, selon cette position, rejoindre l’une de ces pêcheries reconnues.
L’ICCN rappelle également que toutes les zones du lac Édouard ne sont pas ouvertes à la pêche. Certaines parties sont soumises à des restrictions afin de protéger les ressources halieutiques et de préserver des zones importantes pour la reproduction des poissons.
Face aux préoccupations exprimées par les pêcheurs, l’institution appelle au respect de la réglementation en vigueur tout en défendant la nécessité de renforcer le contrôle des activités sur le lac.
De leur côté, les pêcheurs concernés continuent de dénoncer ce qu’ils qualifient de difficultés rencontrées dans l’exercice de leur activité. La question de l’application de la réglementation et du statut de Kasindi Port demeure ainsi au centre des échanges entre les communautés locales et les services chargés de la conservation.
Magloire Mutulwa
