Le MV Hondius faisait route ce mardi 12 mai 2026 vers les Pays-Bas après l’évacuation, sous haute protection dans l’archipel espagnol des Canaries, de plus d’une centaine de passagers et membres d’équipage à la suite de la détection d’un foyer d’hantavirus à bord.
En France, les autorités sanitaires ont annoncé un durcissement des règles d’isolement avec la mise en place d’une « quarantaine renforcée en milieu hospitalier » pour tous les cas contacts, après le test positif à l’hantavirus d’une passagère du navire, hospitalisée à Paris dans un état jugé stable par le gouvernement.
Selon les autorités sanitaires, la variante détectée à bord du navire est une souche rare pouvant se transmettre entre humains, avec une période d’incubation pouvant atteindre six semaines. La maladie peut provoquer un syndrome respiratoire aigu et présenter un taux de létalité supérieur à 40 %.
Malgré ces éléments, l’Organisation mondiale de la santé a estimé que le niveau de risque épidémique demeurait « faible », soulignant que le virus était moins contagieux que le Covid-19.
Les spécialistes multiplient également les appels au calme. « Ce n’est pas le Covid », a rappelé Nathan Peiffer-Smadja. Le médecin, dont l’établissement accueille les cinq Français rapatriés, a précisé que « la transmission aérienne est limitée » et que l’hantavirus « donne des épidémies de petite taille qui s’arrêtent spontanément ».
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a toutefois averti que « le travail » des autorités sanitaires n’était « pas terminé », malgré l’évacuation réussie des passagers du navire.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol, il a appelé les populations à la retenue tout en prévenant que « d’autres cas » pourraient apparaître en raison de la longue période d’incubation du virus.
Interrogé sur la capacité de l’OMS à imposer ses recommandations aux États, Tedros Adhanom Ghebreyesus a reconnu que l’organisation ne pouvait qu’émettre des conseils et espérer leur application par les gouvernements.
Lundi, les autorités françaises ont annoncé que tous les cas contacts, « sans exception », seraient désormais soumis à un isolement strict en milieu hospitalier. Au moins cinq personnes ont été admises à l’hôpital Bichat à Paris et une autre à Rennes. Au total, 22 personnes sont concernées par ces mesures.
Face aux nombreuses interrogations suscitées par l’hantavirus et les risques potentiels de transmission, la ministre Stéphanie Rist doit s’exprimer aux côtés de Caroline Semaille et de Jean-François Delfraissy afin d’apporter des précisions sur la situation sanitaire.
Tenplar Ngwadi
