À l’occasion de la Journée nationale de commémoration du GENOCOST, célébrée le 2 août 2026, l’Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Écrite (ACOFEPE) exhorte les autorités congolaises à reconnaître officiellement les journalistes assassinés depuis 1991 comme des martyrs de la liberté de la presse.
Dans un communiqué publié à Kinshasa, l’organisation estime que leur mémoire mérite d’être honorée et que les auteurs de ces crimes doivent répondre de leurs actes devant la justice.
Un plaidoyer engagé depuis 2023
L’ACOFEPE rappelle qu’elle mène, depuis 2023, un plaidoyer en faveur d’une reconnaissance nationale des professionnels des médias tués dans l’exercice de leur métier ou en raison de leur engagement pour la liberté d’informer.
L’association regrette toutefois l’absence, à ce jour, d’une réponse officielle des pouvoirs publics à cette revendication. Selon elle, la plupart des assassinats de journalistes restent impunis et, dans plusieurs dossiers, aucune procédure judiciaire n’a permis d’établir les circonstances, les mobiles ou les responsabilités.
Plus de 2.600 atteintes à la liberté de la presse recensées
S’appuyant sur un rapport publié en novembre 2025 par Journaliste en danger, l’ACOFEPE rappelle que 2.670 violations graves contre des journalistes et des médias ont été documentées en République Démocratique du Congo depuis 1994.
Parmi ces violations figurent des assassinats, des disparitions forcées, des arrestations arbitraires et d’autres atteintes à la liberté de la presse. L’organisation souligne que plus d’une vingtaine de journalistes ont perdu la vie au fil des années, citant notamment Serge Maheshe, Didace Namujimbo, Franck Ngyke, son épouse Hélène Mpaka, ainsi que Pierre Kabeya.
Des recommandations aux autorités
À l’occasion du GENOCOST 2026, l’ACOFEPE demande au Gouvernement et aux institutions compétentes de reconnaître officiellement les crimes commis contre les journalistes assassinés, de relancer ou d’achever les enquêtes judiciaires, d’identifier et de poursuivre les auteurs et leurs éventuels complices, d’assurer une justice effective aux familles des victimes et d’honorer ces journalistes comme des martyrs de la liberté de la presse.
Pour cette association, rendre justice à ces professionnels des médias constitue une étape essentielle dans la lutte contre l’impunité et la protection de la liberté d’expression en République Démocratique du Congo.
L’ACOFEPE conclut en appelant les autorités à faire de la justice pour les journalistes assassinés une priorité nationale, afin que leur sacrifice continue d’inspirer les générations futures et de renforcer la défense de la liberté d’informer.
Zacharie Mikounga

