Le président français Emmanuel Macron a relancé le débat sur les réparations liées au rôle de la France dans la traite négrière, à l’occasion d’une cérémonie organisée jeudi pour commémorer le 25e anniversaire d’une loi reconnaissant la traite négrière comme un crime contre l’humanité.
Le chef de l’État présidait cette cérémonie en hommage à la « loi Taubira », texte historique porté par Christiane Taubira, dont il porte aujourd’hui le nom.
Adoptée à l’unanimité par le Parlement le 21 mai 2001, cette loi a fait de la France le premier pays au monde à reconnaître officiellement la traite négrière transatlantique et l’esclavage colonial comme des crimes contre l’humanité.
Dans un discours prononcé à l’Élysée, Emmanuel Macron a annoncé que le « Code Noir », ensemble de décrets royaux des XVIIe et XVIIIe siècles encadrant l’esclavage dans les colonies françaises, serait explicitement retiré de la législation française.
Si l’esclavage a été aboli en France en 1848, le pays a longtemps participé au commerce négrier, expédiant plus d’un million d’Africains vers les colonies d’Amérique. Bien que les textes juridiques régissant cette pratique ne soient plus appliqués depuis longtemps, ils demeurent encore présents dans le droit français.
Au fil des années, les autorités françaises ont reconnu le préjudice historique causé par l’esclavage, notamment en Haïti et dans d’anciennes colonies. Toutefois, comme d’autres anciennes puissances coloniales, la France a jusqu’ici résisté aux appels en faveur de réparations.
À l’occasion de ce 25e anniversaire, Emmanuel Macron a estimé que la « grande question » des réparations devait désormais être abordée, tout en avertissant qu’il ne fallait pas « faire de fausses promesses ».
Tenplar Ngwadi
