Une nouvelle étape est franchie dans la lutte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. L’Université d’Oxford a annoncé, au début du week-end dernier, le lancement du premier essai clinique d’un vaccin expérimental conçu contre la souche Bundibugyo, à l’origine de la flambée actuellement enregistrée dans le pays.
Baptisé BD-Ebov, cet essai clinique de phase I est conduit par l’Oxford Vaccine Group. Il a pour objectif d’évaluer la sécurité du candidat-vaccin et de mesurer la réponse immunitaire qu’il induit chez 50 adultes en bonne santé, âgés de 18 à 55 ans.
Le vaccin expérimental, dénommé ChAdOx1 BDBV, repose sur la même plateforme virale que celle utilisée pour le vaccin Oxford-AstraZeneca contre la Covid-19, adaptée cette fois à la souche Bundibugyo du virus Ebola. Selon l’Université d’Oxford, cette approche pourrait contribuer à combler l’absence d’outil préventif spécifique contre cette variante.
Cette avancée scientifique intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épidémie provoquée par la souche Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre, pour laquelle un vaccin homologué est déjà disponible, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement approuvé contre cette forme du virus, qui avait déjà été à l’origine d’épidémies en Ouganda en 2007 puis en RDC en 2012.
Pour les chercheurs, le lancement de cette première étude chez l’être humain constitue une étape déterminante dans le développement d’une réponse adaptée à cette variante d’Ebola.
La professeure Katrina Pollock, investigatrice principale de l’étude à l’Oxford Vaccine Group, estime que cet essai marque l’aboutissement d’un important travail de recherche, de développement, de fabrication et de préparation clinique, ouvrant la voie à de futures solutions de prévention contre la souche Bundibugyo.
Le projet bénéficie notamment du soutien de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), qui finance l’accélération du développement de vaccins destinés à lutter contre cette variante du virus. Les résultats de cette première phase permettront d’établir si le vaccin présente un profil de sécurité satisfaisant avant d’envisager des essais dans les régions directement touchées par l’épidémie.
Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, considère cette recherche comme un investissement stratégique pour les futures réponses sanitaires sur le continent. Selon lui, même si les essais de phase précoce n’apportent pas de solution immédiate aux populations actuellement confrontées à l’épidémie, ils restent indispensables pour développer des outils capables de répondre efficacement aux flambées futures.
En parallèle de cette recherche, les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires poursuivent les opérations de riposte sur le terrain, notamment à travers le renforcement de la surveillance épidémiologique, la recherche des personnes contacts et l’amélioration des capacités de prise en charge. Les scientifiques estiment qu’à terme, la mise au point d’un vaccin spécifique contre la souche Bundibugyo pourrait renforcer considérablement les moyens de prévention et de lutte contre cette forme rare, mais potentiellement mortelle, de la maladie à virus Ebola.
Tenplar Ngwadi
