Plus de 100 jours après la déclaration officielle de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, la riposte se poursuit avec l’appui des Nations unies, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de plusieurs partenaires.
Jeudi 27 août 2026, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a détaillé les principaux axes de l’intervention et appelé la communauté internationale à renforcer son soutien face à une situation qui demeure préoccupante.
La riposte est coordonnée par le gouvernement congolais, avec l’appui des Nations unies, sous l’égide de l’OMS et de leurs différents partenaires. Un coordinateur principal des Nations unies pour la lutte contre Ebola a également été nommé afin de renforcer la cohérence et l’efficacité des opérations sur le terrain.
Devant la presse à New York, António Guterres a présenté cinq priorités autour desquelles s’organise la réponse. Il s’agit du renforcement de l’engagement communautaire pour instaurer la confiance et lutter contre la peur et la désinformation, de l’amélioration de la surveillance pour détecter et isoler plus rapidement les cas, de l’augmentation des capacités de traitement et de soins, du développement d’opérations d’inhumation sûres et dignes, ainsi que des mesures destinées à empêcher la propagation du virus.
La vigilance renforcée autour des pays voisins
Les Nations unies portent également une attention particulière au risque de propagation de l’épidémie au-delà des frontières congolaises. Le fleuve Congo et les principaux axes routiers de la région facilitent les déplacements de millions de personnes et de communautés.
« Le fleuve Congo et les axes routiers très fréquentés qui traversent la région relient des millions de personnes et de communautés », a souligné António Guterres. L’ONU renforce ainsi sa préparation et sa coordination avec le Soudan du Sud et la République centrafricaine.
Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies jouent également un rôle dans cette préparation, en mobilisant l’expertise et la solidarité régionales. Pour le chef de l’ONU, l’implication de ces différents partenaires doit permettre de mettre en place une réponse intégrée sur le terrain.
2,13 milliards de dollars nécessaires
Le financement reste toutefois un obstacle majeur à la riposte. António Guterres a mis en garde contre les conséquences du manque de ressources sur la continuité et le développement des opérations dans les zones affectées.
« Chaque manque de financement et de soutien opérationnel rend la riposte à Ebola plus difficile », a-t-il déclaré.
Les Nations unies ont déjà mobilisé plus de 80 millions de dollars provenant de leurs fonds communs, avec le soutien de plusieurs partenaires. Parallèlement, un plan de réponse et d’évaluation des besoins humanitaires d’un montant de 2,13 milliards de dollars a été présenté.
Ce plan n’est actuellement financé qu’à hauteur de 48 %, notamment grâce à une contribution majeure des États-Unis. Selon António Guterres, les ressources disponibles ne permettront toutefois de tenir que quelques semaines. Sans financement supplémentaire, certains services essentiels risquent de manquer de moyens au moment où leurs besoins doivent s’accroître.
Le secrétaire général de l’ONU appelle ainsi à mobiliser 1,1 milliard de dollars supplémentaires afin de permettre le financement intégral du plan de réponse humanitaire, tout en prévenant que d’autres ressources seront nécessaires à l’avenir.
« Le monde a encore la possibilité de prendre l’avantage sur cette crise. Mais le temps ne joue pas en notre faveur », a averti António Guterres, estimant que l’épidémie d’Ebola mérite davantage d’attention, d’aide et de soutien.
Selon lui, les connaissances, les moyens et les ressources nécessaires pour stopper l’épidémie existent encore, mais une mobilisation rapide de la communauté internationale est indispensable.
Les besoins humanitaires revus à la hausse
Cette situation intervient dans le contexte de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, qui a conduit les autorités et les acteurs humanitaires à revoir leurs priorités d’intervention.
L’Ituri, déjà affectée par les conflits armés et désormais considérée comme l’épicentre de l’épidémie, fait l’objet d’une attention particulière. L’objectif affiché est de renforcer l’assistance aux populations touchées jusqu’à la fin de l’année.
Cette révision avait été annoncée le 16 juillet 2026 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies en RDC (OCHA/RDC).
Au début de l’année, le gouvernement congolais et la communauté humanitaire avaient lancé, le 28 janvier à Kinshasa, un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars pour répondre aux besoins essentiels de millions de Congolais, particulièrement dans l’est du pays. À cette période, près de 15 millions de personnes étaient considérées comme étant en situation de détresse, tandis que l’aide devait prioritairement cibler 7,3 millions de personnes parmi les plus vulnérables.
Depuis, l’évaluation des besoins humanitaires a été revue à la hausse. Selon l’addendum au Plan de réponse humanitaire 2026 publié par OCHA/RDC, 18,5 millions de personnes nécessitent désormais une assistance humanitaire.
En raison des contraintes financières, les interventions doivent toutefois être concentrées sur 10,8 millions de bénéficiaires. Le financement nécessaire à cette réponse a également été réévalué à 2,13 milliards de dollars.
Pour António Guterres, l’urgence est donc de renforcer rapidement les moyens disponibles afin d’éviter une aggravation de la crise et de permettre aux acteurs de la riposte de poursuivre et d’intensifier leurs interventions face à l’épidémie d’Ebola.
Tenplar Ngwadi
