Les autorités sanitaires renforcent la vigilance à Kinshasa après l’arrivée d’un bateau en provenance de la province de l’Équateur, à bord duquel un cas de maladie à virus Ebola avait été détecté.
Mobilisés depuis trois jours pour préparer l’arrivée de l’embarcation, les services sanitaires ont procédé au dépistage systématique des passagers. Alors que le manifeste faisait état d’environ 250 voyageurs, les premières opérations de contrôle portent déjà sur plus de 300 personnes.
L’effectif définitif des passagers devait être établi au terme de l’opération de screening.
Contrôle systématique des passagers
Prise de température, examen clinique, enregistrement et surveillance font partie des mesures mises en œuvre par les équipes de riposte.
Depuis le début de l’opération, aucun cas présentant un tableau clinique fortement évocateur d’Ebola n’a été identifié. Toutefois, quatre personnes présentant de la fièvre ont fait l’objet de prélèvements. Leurs échantillons ont été transmis au laboratoire pour analyse.
Les résultats de ces examens doivent permettre aux autorités de confirmer ou d’écarter toute suspicion.
Les femmes et les enfants ont notamment été contrôlés en priorité. Un bébé prématuré présentant des difficultés de santé a également bénéficié d’une prise en charge médicale.
« Pas de panique », selon les équipes sanitaires
Les autorités sanitaires se veulent rassurantes et appellent la population à ne pas céder à la panique.
Selon les explications fournies sur place, le bateau ne provient pas de Kisangani, dans la Tshopo, mais de la province de l’Équateur.
Les équipes sanitaires indiquent ainsi qu’aucun lien épidémiologique direct n’a, à ce stade, été établi entre cette embarcation et les cas d’Ebola signalés dans la Tshopo. Cette précision intervient alors que des informations circulant sur les réseaux sociaux faisaient état d’un prétendu lien entre le bateau et la province de la Tshopo.
Les services sanitaires insistent toutefois sur la nécessité de maintenir les mesures de précaution, même en l’absence de lien épidémiologique établi.
Le bateau décontaminé
Le dispositif ne concerne pas uniquement les passagers. L’embarcation elle-même fait l’objet d’une procédure de décontamination. À l’issue du dépistage, les passagers doivent rester sous surveillance, dans l’attente des résultats des prélèvements effectués sur les personnes fébriles.
Si les analyses se révèlent négatives, les autorités sanitaires pourront lever les mesures de restriction et autoriser les passagers à poursuivre leur trajet.
Un dispositif préventif pour éviter l’introduction d’Ebola à Kinshasa
L’objectif affiché par les autorités est de ne prendre aucun risque et de ne laisser passer aucun éventuel cas. Cette opération s’inscrit dans les mesures de surveillance sanitaire aux points d’entrée, particulièrement importantes dans un contexte de circulation du virus Ebola dans certaines zones de la RDC.
La maladie à virus Ebola est une affection virale grave qui peut se transmettre par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée. La détection précoce des cas suspects, leur prise en charge et la surveillance des personnes exposées constituent des éléments essentiels de la riposte.
À Kinshasa, les autorités veulent donc s’assurer qu’aucun cas éventuel ne puisse entrer dans la capitale sans avoir été identifié et pris en charge.
Zacharie Mikounga
