L’annonce d’un dialogue national par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo suscite déjà des réactions dans la société civile congolaise. Carbone Béni salue l’ouverture des consultations à la base, une démarche qu’il considère comme conforme aux attentes exprimées par plusieurs organisations citoyennes, mais appelle à davantage d’inclusivité dans la préparation du processus.
Dans son adresse à la Nation, jeudi 27 août, le président de la République a annoncé la convocation d’un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Présenté comme une initiative souveraine, le processus doit, selon le chef de l’État, être conçu et conduit par les Congolais sur le territoire national, avec comme priorité la défense des intérêts de la République.
Pour Carbone Béni, l’ouverture des consultations par la base constitue un premier pas positif. L’acteur de la société civile estime toutefois que la réussite du dialogue dépendra largement de la composition de l’équipe chargée de le préparer.
Il plaide pour une structure préparatoire inclusive réunissant des représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile. Cette équipe, insiste-t-il, devra également être constituée de personnalités jugées capables et crédibles afin de garantir que les résolutions issues du dialogue puissent être effectivement appliquées.
L’activiste met par ailleurs en garde contre une lecture de la crise congolaise qui ferait du M23 l’unique origine des difficultés actuelles. Selon lui, la situation résulte d’une responsabilité collective, impliquant aussi bien la gestion du régime de Joseph Kabila que celle du pouvoir de Félix Tshisekedi.
Carbone Béni dénonce également les changements de position de certains responsables politiques, qu’il attribue à la recherche d’intérêts personnels, estimant que ces comportements participent aux difficultés auxquelles le pays est confronté.
Le chef de l’État avait, pour sa part, appelé à dépasser les clivages politiques, idéologiques et communautaires afin de s’attaquer aux causes profondes des crises. Il a insisté sur la nécessité de placer la défense de la République, la paix, l’unité nationale et les intérêts stratégiques du pays au-dessus des intérêts particuliers.
« La République nous précède, nous dépasse et nous survivra », a déclaré Félix Tshisekedi, appelant ainsi les acteurs congolais à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation dans le cadre de ce dialogue annoncé.
Keno M.
