La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réaffirmé le soutien de l’ensemble du gouvernement à l’initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo visant à lancer un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Cette position intervient alors que la démarche présidentielle suscite des réserves au sein d’une partie de l’opposition.
Lors de la réunion du Conseil des ministres, la cheffe du gouvernement a salué le message à la Nation du président de la République et le lancement de ce processus. Selon le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, elle a insisté sur le caractère particulier de cette initiative, qu’elle distingue des précédentes concertations politiques organisées en période de crise.
« La Première ministre, cheffe du Gouvernement, a salué son récent message à la Nation et le lancement du processus de dialogue national destiné à consolider la paix, à renforcer la cohésion nationale et à refonder l’État », rapporte le compte rendu.
Judith Suminwa estime que les précédentes concertations ont trop souvent privilégié le partage du pouvoir au détriment de la consolidation de l’État et de la mise en place de mécanismes capables d’assurer un suivi durable des accords conclus.
« Celles-ci ont trop souvent répondu aux crises par le simple partage du pouvoir, aboutissant à des accords sans mécanisme de suivi efficace pour assurer une stabilité durable », a-t-elle déclaré.
La participation citoyenne au cœur du processus
Pour la Première ministre, la démarche initiée par Félix Tshisekedi se distingue notamment par la place accordée aux citoyens. Elle rappelle que le peuple congolais ne devrait pas être appelé à simplement valider des conclusions issues de négociations menées sans lui.
« En privilégiant une concertation décentralisée et inclusive, cette initiative affirme la centralité de la voix citoyenne », souligne le compte rendu, qui présente cette démarche comme une étape vers la consolidation de la démocratie, de la cohésion nationale et d’une paix durable.
Cette dimension citoyenne constitue, selon Judith Suminwa, l’une des principales différences avec les précédents processus de concertation politique.
Le gouvernement promet son « engagement total »
En sa qualité de cheffe de l’Exécutif central, Judith Suminwa a également assuré que son gouvernement accompagnerait pleinement le chef de l’État dans la mise en œuvre de cette initiative.
« La Première ministre a conclu ce point en réitérant l’engagement total de son Gouvernement à accompagner le Président de la République, Chef de l’État, vers la réussite de cette démarche populaire d’intérêt national », rapporte le compte rendu.
La cheffe du gouvernement se dit convaincue que le processus pourra déboucher sur un consensus « véritablement populaire et durable ».
Une initiative qui continue de diviser
Le Dialogue national demeure toutefois au centre de divergences au sein de la classe politique congolaise. Pour Kinshasa, l’un des objectifs de ce processus doit notamment être de favoriser la constitution d’un front national face à ce que les autorités présentent comme une agression rwandaise menée avec l’appui de l’AFC/M23.
Dans cette approche, les autorités congolaises considèrent que la crise actuelle est avant tout sécuritaire et que les processus de Washington et de Doha constituent les cadres appropriés pour traiter ses dimensions sécuritaire et militaire.
Une partie de l’opposition rejette cette méthodologie. Elle estime que Kinshasa étant elle-même partie à la crise, les autorités ne peuvent à la fois être partie prenante et déterminer seules le calendrier ainsi que les modalités de règlement de la situation.
Le débat autour du Dialogue national s’impose ainsi comme un enjeu politique majeur des prochaines semaines, entre la volonté du pouvoir de privilégier un processus national centré sur la cohésion et la refondation de l’État et les revendications de l’opposition pour un cadre qu’elle souhaite davantage consensuel et inclusif.
Tenplar Ngwadi
