La Dynamique Justice–État de Droit (DYJED) et l’Association nationale des victimes du Congo (ANVC) saluent le lancement du dialogue national initié par le président de la République et confié, depuis le 17 juillet 2026, à la médiation des confessions religieuses.
Dans un communiqué conjoint publié le 27 juillet 2026, les deux organisations estiment que ce cadre de concertation doit contribuer à renforcer la cohésion nationale, favoriser un consensus entre les acteurs politiques et sociaux, mettre fin à la guerre et jeter les bases d’une paix durable, particulièrement dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Pas d’accords politiques au prix de l’impunité
Tout en soutenant cette initiative, la DYJED et l’ANVC préviennent que le dialogue ne doit pas déboucher sur des compromis politiques accordant l’impunité aux auteurs de crimes graves. Les deux organisations rappellent que la RDC poursuit un processus de justice transitionnelle destiné à répondre aux violations commises au cours des trois dernières décennies de conflits.
Elles soulignent que les réformes engagées par le gouvernement, notamment l’harmonisation de la législation nationale avec le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, permettent désormais aux juridictions civiles et militaires de poursuivre les auteurs présumés de crimes internationaux, indépendamment de leur statut ou de leurs fonctions.
Les leçons des précédents dialogues
La DYJED et l’ANVC rappellent que plusieurs dialogues politiques organisés par le passé ont abouti à des accords d’amnistie ou à des arrangements politiques ayant bénéficié à certains groupes armés, ce qui, selon elles, a entretenu l’impunité et affaibli les efforts de justice transitionnelle.
Elles estiment que le nouveau dialogue ne doit ni récompenser le recours à la violence ni offrir des avantages politiques ou institutionnels aux personnes impliquées dans des crimes graves.
Renforcer la justice et protéger les victimes
Les deux organisations recommandent que la lutte contre l’impunité soit inscrite parmi les priorités des discussions. Elles plaident pour des mécanismes de contrôle d’intégrité (vetting) afin d’écarter des forces de défense et de sécurité les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes graves.
Elles appellent également à promouvoir les principes de vérité, de justice, de réparation et de garanties de non-répétition en faveur des victimes.
Un appel au respect des principes démocratiques
Enfin, la DYJED et l’ANVC demandent que le dialogue consacre le respect du processus démocratique, notamment la régularité des élections, l’alternance politique et le respect des limitations constitutionnelles des mandats.
Les deux organisations exhortent l’ensemble des participants à veiller à ce que le dialogue national ne serve en aucun cas de prétexte à des accords favorisant l’impunité, mais contribue plutôt au renforcement de l’État de droit et à une paix durable en République Démocratique du Congo.
Zacharie Mikounga
