La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a reçu, jeudi 6 août 2026 à la Primature, une délégation de vétérans de la rumba congolaise.
La rencontre, conduite par la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe, et le promoteur du Festival international des étoiles (FIET), Serge Kayembe, a notamment porté sur l’organisation de la « Nuit des Légendes de la Rumba, patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO », prévue ce samedi 8 août 2026 à Kinshasa.
Cette initiative vise à rendre hommage aux pionniers et grandes figures de la musique congolaise, tout en favorisant la transmission de cet héritage aux nouvelles générations.
Pour les organisateurs, la valorisation de la rumba constitue également un moyen de renforcer le sentiment d’appartenance culturelle auprès d’une jeunesse en quête de repères identitaires.

Un accompagnement institutionnel sollicité
Au cours de l’audience, les représentants des artistes ont présenté à la cheffe du Gouvernement les principales orientations de la 16ᵉ édition du FIET, ainsi que les perspectives de collaboration avec les pouvoirs publics.
Les échanges ont également porté sur les difficultés qui affectent le secteur culturel, notamment la problématique des droits d’auteur, considérée comme l’un des principaux enjeux pour assurer une meilleure protection des créateurs et une juste rémunération de leur travail.
Selon Serge Kayembe, la délégation souhaitait surtout obtenir l’accompagnement institutionnel de l’État pour cette initiative consacrée à la promotion de la rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
« Nous avons fait venir une dizaine d’artistes de la diaspora, de véritables virtuoses de la musique congolaise. Ils ont largement contribué à faire reconnaître la rumba comme patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Nous souhaitions présenter cette initiative à Son Excellence et lui exprimer notre souhait de voir ce festival bénéficier d’un accompagnement institutionnel de l’État ».
Les artistes interpellent le Gouvernement sur leurs conditions de travail
La rencontre n’a pas été limitée à la présentation du festival. Elle a également offert aux artistes l’occasion d’exposer directement à la Première ministre les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’exercice de leur métier.
Serge Kayembe rapporte que Judith Suminwa a accordé une attention particulière à ces préoccupations et présenté les grandes orientations du Gouvernement en matière de développement culturel.
« Elle a tenu à écouter les artistes afin qu’ils puissent exprimer leurs préoccupations. Elle leur a présenté des pistes de solution ainsi que la vision du Gouvernement pour répondre aux défis liés aux droits d’auteur, à l’avenir de la musique, au développement de la culture et à la carrière des artistes ».

La rumba, un instrument de rayonnement international
La 16ème édition du Festival international des étoiles ne se limitera pas à Kinshasa. Elle se poursuivra à Paris, du 27 au 29 novembre 2026, avec l’ambition de renforcer la promotion de la rumba congolaise au-delà des frontières nationales.
Pour les autorités et les acteurs culturels, cette musique représente un important vecteur de rayonnement de la RDC. La reconnaissance de la rumba comme patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO constitue, à cet égard, un levier pour renforcer le soft power culturel congolais, mais aussi pour promouvoir l’identité et le patrimoine du pays sur la scène internationale.
Des icônes réunies pour assurer la transmission
Parmi les figures de la rumba présentes à la Primature figuraient notamment le doyen Jeannot Bombenga, Gina Ifonge, Bozi Boziana, Lita Bembo, Mbilia Bel, Faya Tess, Papy Tex, Souzy Kaseya, Djuna Mumbafu et Godé Lofombo Bass.
À travers ces vétérans et plusieurs autres artistes, le Gouvernement entend mettre en avant la mémoire musicale congolaise et encourager sa transmission aux jeunes générations.
Cette démarche s’inscrit dans le quatrième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement Suminwa, qui prévoit notamment des actions en faveur de la culture à travers des réformes structurelles et des politiques de valorisation du patrimoine artistique.
La « Nuit des Légendes de la Rumba » apparaît ainsi comme une occasion de célébrer les grandes figures de cette musique, mais aussi de réfléchir à son avenir, à la protection des droits des artistes et à sa capacité à continuer de porter l’identité congolaise à travers le monde.
La Gazette du Continent
