Deux hommes ont été retrouvés pendus dans deux quartiers différents de la ville de Beni située en province du Nord-kivu entre le lundi 24 et le mardi 25 août 2026, selon des informations rapportées par des structures de la société civile locale. Les circonstances des deux décès ne sont toutefois pas établies de la même manière.
Le premier cas a été signalé lundi 24 août au quartier Kanzuli, dans la commune de Bungulu. La victime a été identifiée comme Daniel Muhayirwa, âgé de 38 ans et père de deux enfants.
Selon la Société civile Forces vives de la commune de Bungulu, l’homme aurait mis fin à ses jours. Cette structure citoyenne évoque notamment des difficultés de la vie et des problèmes de dettes comme facteurs qui auraient précédé le drame.
Le président de cette structure, Jures Mukongoli, indique que la victime traversait une période difficile. Ces éléments restent toutefois fondés sur les informations recueillies par la société civile.
Un second décès a été signalé dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 août, vers 21 heures, au quartier Butanuka, dans la cellule Kalongo, bloc Malikidogo, toujours dans la ville de Beni.
Selon Patrick Kalemeko, membre de la Société civile du Congo, SOCICO-BEU, un homme connu sous le nom de Kazido, âgé d’environ 50 ans et père de famille, a été découvert pendu par des habitants du quartier.
Ces derniers auraient rapidement coupé la corde avant de conduire la victime dans une structure sanitaire. Son décès aurait été constaté à son arrivée au centre de santé de Butanuka.
Contrairement au premier cas, les circonstances ayant conduit à la mort de Kazido ne sont pas encore connues. La société civile appelle ainsi à l’ouverture d’une enquête afin d’établir les causes exactes du décès.
Ces deux drames survenus à moins de vingt-quatre heures d’intervalle relancent les préoccupations autour de la détresse sociale et psychologique de certains habitants de Beni. Des acteurs locaux évoquent notamment la précarité économique, l’endettement, l’isolement et les conséquences de l’insécurité persistante dans la région.
Il convient cependant de distinguer les informations confirmées des hypothèses. Si la société civile établit un lien entre le premier décès et les difficultés financières rencontrées par Daniel Muhayirwa, aucune enquête officielle n’a, à ce stade, publiquement confirmé l’ensemble des circonstances. Dans le second cas, le mobile demeure inconnu.
Les structures citoyennes plaident pour le renforcement de l’écoute et de l’accompagnement des personnes en situation de détresse, tout en appelant les autorités compétentes à examiner les circonstances de ces décès.
À l’échelle mondiale, la pendaison est la méthode de suicide la plus fréquente et la plus répandue. Elle devance d’autres moyens courants comme l’ingestion de pesticides ou l’usage d’armes à feu, qui dépendent fortement de la législation locale ou de l’accès géographique selon les données mondiales issues des bases de données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Selon ces données portant sur l’analyse des méthodes par pays, la pendaison représente plus de la moitié (53 %) des suicides chez les hommes et environ 39 % chez les femmes à l’échelle internationale.
Magloire Mutulwa
