Quatorze mineurs clandestins, pour la plupart originaires du Lesotho, ont perdu la vie dans un éboulement survenu dans une mine désaffectée près de Rustenburg, dans la province sud-africaine du Nord-Ouest. Huit autres personnes ont été grièvement blessées et hospitalisées, tandis qu’un nombre encore indéterminé de mineurs pourraient être toujours piégés sous terre.
L’accident s’est produit lundi soir dans le secteur de Nkaneng, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Johannesburg, dans une région connue pour ses importantes exploitations de platine. Alertées, les autorités et les équipes de secours se sont rendues sur place, alors que les recherches se poursuivaient mardi.
La police sud-africaine a confirmé la mort de 14 « mineurs illégaux », précisant que la majorité étaient des Basotho, ressortissants du Lesotho. Les opérations de recherche restent en cours, la zone demeurant active.
Des conditions d’exploitation particulièrement dangereuses
Les mineurs clandestins travaillent généralement dans d’anciens puits abandonnés par les compagnies minières ou dans des galeries creusées illégalement pour récupérer des minerais, notamment de l’or. Ces installations, souvent fortement dégradées, ne disposent pas des infrastructures ni des équipements de sécurité nécessaires pour prévenir les accidents.
Le phénomène de l’exploitation minière clandestine est largement répandu en Afrique du Sud. Des milliers de « zama zamas », expression zouloue désignant ceux qui tentent leur chance, s’aventurent ainsi dans des mines désaffectées. Une partie d’entre eux vient de pays voisins, notamment du Lesotho et du Mozambique, dans un contexte marqué par la pauvreté et le chômage.
Cette activité est également associée à des réseaux de criminalité organisée, auxquels les autorités attribuent notamment des faits d’extorsion et des assassinats. L’état des galeries et leur profondeur compliquent davantage les opérations de secours et de contrôle.
Le précédent de Stilfontein
L’éboulement de Rustenburg intervient après une crise meurtrière à Stilfontein, également dans la province du Nord-Ouest. À partir d’août 2024, près de 2 000 mineurs étaient sortis de puits désaffectés dans le cadre d’une opération menée sur plusieurs semaines.
Les forces de l’ordre avaient alors bloqué les accès à une ancienne mine d’or afin de pousser les mineurs clandestins à remonter à la surface. Selon les autorités, environ 90 personnes ont péri entre la fin de 2024 et le début de 2025 dans le cadre de cette crise.
Le site demeure depuis un point important de la lutte contre l’exploitation minière illégale. Le 31 juillet, la police y avait annoncé l’arrestation de 24 ressortissants étrangers en situation irrégulière lors d’une opération contre les activités clandestines. Les forces de l’ordre avaient également découvert un camion transportant une pelleteuse susceptible d’être utilisée pour l’exploitation illégale de sites miniers.
Face à l’ampleur du phénomène, le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait annoncé en février le déploiement de l’armée en soutien à la police pour lutter contre l’exploitation minière clandestine.
Tenplar Ngwadi
