L’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba Tungunga, a annoncé qu’il comparaîtra le 13 juillet prochain devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe dans le cadre du procès relatif au détournement présumé des deniers publics alloués au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO), où il est cité comme témoin.
Absent aux audiences des 5 et 19 mai derniers, l’ancien député national a fait connaître sa décision à travers une lettre manuscrite rédigée depuis son lit d’hôpital.
Dans cette correspondance, Constant Mutamba affirme vouloir se présenter devant la justice afin de mettre fin, selon ses termes, aux « manipulations » et aux « chantages politiques répétés ».
« Je décide de quitter mon lit d’hôpital où je suis cloué depuis neuf mois, médicaments à la main, afin de défendre la vérité, la vraie justice et mon éminence. Je vais donc comparaître personnellement ce 13 juillet 2026 », a-t-il écrit.
Dans la même lettre, l’ancien ministre dénonce également ce qu’il présente comme des manœuvres de dédoublement de son parti politique, la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), par ses « détracteurs ».
Il demande par ailleurs que l’audience soit retransmise en direct sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) ainsi que par d’autres médias, afin que, selon lui, « les victimes des guerres de Kisangani » et la population puissent connaître « la vérité sur la gestion de ce fonds FRIVAO, avant, pendant et après » son passage à la tête du ministère de la Justice.
La décision de convoquer Constant Mutamba est intervenue à la suite de l’audience du 30 avril dernier, au cours de laquelle les débats ont porté sur des paiements estimés à plus de 50 millions de dollars américains, qui auraient été effectués avant l’obtention de l’avis de non-objection de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP).
Au cours de la procédure, le directeur général ad intérim du FRIVAO, Chansar Bolukola, actuellement détenu à la prison centrale de Makala, a déclaré à plusieurs reprises avoir exécuté ces paiements sur instruction verbale de Constant Mutamba, alors ministre de la Justice.
De leur côté, les sociétés bénéficiaires de ces paiements ont affirmé avoir perçu les fonds avant l’accomplissement des procédures requises auprès de la Direction générale de contrôle des marchés publics.
Jean-Claude Mombong Mass
