Le message de Washington est clair : le règlement du conflit dans l’est de la RDC est désormais une « priorité absolue ». C’est ce qu’a martelé Massad Boulos, Conseiller principal américain pour l’Afrique, lors de la session du Conseil de sécurité de l’ONU qu’il a présidée ce jour.
Évoquant le sort de millions de personnes privées de stabilité et de perspectives économiques, l’émissaire américain a présenté les « Accords de Washington » comme la clé de voûte d’une nouvelle ère diplomatique.
Sous l’impulsion du président Donald Trump et du secrétaire d’État Marco Rubio, la diplomatie américaine a franchi une étape majeure le 4 décembre 2025 avec la signature d’une déclaration conjointe à l’Institut Donald J. Trump pour la paix. Selon Massad Boulos, ces accords marquent une rupture avec les « décennies d’échecs diplomatiques » en associant deux piliers complémentaires : la sécurité et la coopération économique.
Ces accords établissent des mécanismes de coordination destinés à traiter les violations de sécurité et à transformer la confrontation entre la RDC et le Rwanda en un dialogue constructif. Pour Washington, il s’agit d’un engagement de « bonne foi » des deux nations pour s’orienter vers une stabilité durable.

Tout en mettant en avant le leadership américain, Massad Boulos a souligné la complémentarité des autres processus en cours :
- Le Cadre de Doha : Un axe essentiel de dialogue direct entre le gouvernement congolais et le groupe armé M23, soutenu par le Qatar, pour traiter les causes immédiates de la violence.
- La médiation de l’Union africaine : Portée par les présidents João Lourenço (Angola) et Faure Gnassingbé (Togo), cette médiation vise à mobiliser la société civile et les acteurs humanitaires pour pérenniser la paix au sol.
Malgré l’optimisme affiché, le conseiller américain n’a pas éludé les points de tension. Devant les membres du Conseil de sécurité, il a réitéré l’appel des États-Unis à la levée des mesures défensives et au « retrait immédiat » des troupes rwandaises du territoire congolais. Massad Boulos a insisté sur le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
En contrepartie, Washington appelle Kinshasa à une action ferme : la neutralisation des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) dans les zones sous contrôle gouvernemental. Pour les États-Unis, ces mesures sont « essentielles » pour dissiper la méfiance et l’instabilité qui rongent la région.
« Les États-Unis resteront un partenaire indéfectible dans la mise en œuvre de cette vision », a conclu Massad Boulos, scellant ainsi l’engagement renouvelé de l’administration Trump dans la transformation durable de la région des Grands Lacs.
Tenplar Ngwadi
