Le ton était à la gravité le mercredi 25 mars 2026 dans l’enceinte du Palais des Nations, à Genève. Lors de la session du Conseil des droits de l’homme, la délégation de la République démocratique du Congo (RDC) a dépeint le tableau sombre d’une situation sécuritaire jugée « dégradante » dans la partie orientale du pays.
Une crise alimentée, selon le gouvernement congolais, par une « guerre d’agression et d’occupation » menée par le Rwanda via ses supplétifs du M23-AFC.

C’est le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, qui a porté les chiffres les plus alarmants de cette intervention. Dénonçant l’ampleur des violences en cours, il a révélé une statistique qui a glacé l’assistance : dans l’Est de la RDC, une femme est victime de viol toutes les quatre à quatre à cinq minutes.
Outre ces violences sexuelles systémiques, le ministre a pointé du doigt les atteintes graves aux droits humains et les déplacements massifs de populations civiles, conséquences directes des activités des agresseurs sur le sol congolais.

Face à ce constat, le gouvernement congolais ne se contente plus de déplorer ; il exige des comptes. La ministre d’État des Affaires sociales, Eve Bazaïba, a interpellé directement les partenaires internationaux. « Il est temps de mettre fin à cette tragédie humaine qui s’opère aux yeux de la communauté internationale », a-t-elle martelé, appelant à des « actions concrètes et fortes » pour secourir les populations prises en otage par ce conflit.

Pour les autorités congolaises, la crise qui secoue l’Est de la RDC n’est plus seulement régionale : elle figure parmi les crises humanitaires les plus graves de l’histoire du monde. Un constat qui, selon elles, impose une solidarité internationale immédiate et une rupture avec l’inertie diplomatique.
Tenplar Ngwadi
