Le verdict est tombé pour l’opposant congolais Parole Kamizelo, plus connu sous le pseudonyme de « Maîtrisable ». Le tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema l’a condamné à une peine de deux ans de servitude pénale principale pour outrage au chef de l’État.
Cette condamnation fait suite à une série de propos et de publications jugés offensants à l’égard du président Félix Tshisekedi. Au cœur du litige : les critiques acerbes formulées par l’opposant concernant l’accord de paix signé à Washington en décembre 2025.
Dès le prononcé du jugement, le conseil du condamné, Me Éloi Mubilansam, a fustigé une décision qu’il juge partiale, pointant du doigt un manque d’indépendance du pouvoir judiciaire. L’avocat a annoncé l’interjection d’appel immédiate, reposant son argumentation sur plusieurs moyens de droit.
Me Mubilansam soutient notamment que les poursuites ont été engagées en violation de la loi de 1963, qui exige une plainte personnelle du chef de l’État pour que l’infraction d’outrage soit constituée. En l’absence d’une telle démarche de la part de Félix Tshisekedi, la défense estime que la procédure est frappée de nullité.
Au-delà de la procédure technique, la défense de Parole Kamizelo invoque une violation flagrante des garanties d’un procès équitable. Me Éloi Mubilansam s’appuie sur les textes fondamentaux, citant non seulement la Constitution congolaise, mais aussi les instruments internationaux tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Le bras de fer judiciaire se poursuit désormais devant les instances supérieures, alors que la question de la liberté de critique politique reste au centre des débats.
Tenplar Ngwadi
