Porté par le ministère du Développement rural avec l’appui de la Banque africaine de développement, le Programme régional d’appui au développement des infrastructures et de valorisation des ressources en eau transfrontalières (Predire) franchit une étape décisive avec la validation de son plan de travail budgétaire annuel (PTBA).
Réunis le 3 mars 2026 à Kinshasa, les membres du Comité de pilotage du projet Predire ont adopté le programme d’activités et le budget pour l’exercice 2026. Ce projet régional lie la République Démocratique du Congo à la République Centrafricaine autour de la gestion durable des ressources en eau partagées, notamment dans le bassin transfrontalier de l’Oubangui.
Un projet stratégique pour le développement rural
Initiative multilatérale soutenue par plusieurs partenaires internationaux, Predire vise à améliorer durablement les conditions de vie socio-économiques des populations vivant dans les zones frontalières, tout en renforçant leur résilience face aux aléas climatiques tels que les inondations et les sécheresses.
En RDC, le programme sera exécuté dans les provinces de la Mongala, du Nord-Ubangi et du Sud-Ubangi, des territoires directement concernés par les dynamiques hydriques du bassin de l’Oubangui.
Pour le gouvernement congolais, l’enjeu est de faire de l’eau un levier structurant du développement rural. Le Secrétaire général au Développement rural rappelle que près de 70 % de la population congolaise vit en milieu rural, d’où la nécessité de revitaliser ces espaces à travers des infrastructures adaptées et une meilleure valorisation des ressources naturelles.
Adoption du PTBA : un signal de démarrage effectif
Le Secrétaire général au Développement rural et président du Comité de pilotage, Pelé Mongopasi Sandja, a souligné le caractère transversal du projet, nécessitant l’implication de plusieurs ministères sectoriels.
« Le Comité de pilotage a été mis en place pour accompagner le projet dans sa mise en œuvre. Nous avons reçu le prêt et les bailleurs sont disponibles pour nous accompagner. Nous avons besoin de toutes les parties prenantes pour assurer un suivi quotidien efficace », a-t-il déclaré.
Des comités provinciaux ont également été installés afin d’assurer un suivi rapproché dans les zones bénéficiaires.
Des infrastructures hydrauliques et des emplois à la clé
Le coordonnateur national duprojet Predire, Déo Nsunzu, a souligné qu’il est prévu notamment la construction et la réhabilitation d’ouvrages d’adduction en eau potable ; la réhabilitation de la station de la Regideso à Gbadolite ; la formation des jeunes dans la gestion des infrastructures hydrauliques ; le renforcement des capacités des acteurs locaux et l’appui à la main-d’œuvre locale.
À terme, près de 2.700 à 3.000 emplois directs devraient être créés dans les trois provinces ciblées, a-t-il noté.
Une continuité après le projet Prise II
Déo Nsunzu a également présenté l’état d’avancement du projet Prise II, qui affiche un taux d’exécution d’environ 78 % pour l’exercice 2025, dépassant la moyenne annuelle habituelle de mise en œuvre.
Predire s’inscrit ainsi dans la dynamique impulsée par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, avec un lancement officiel intervenu le 16 février 2026 sous l’impulsion de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Une plus-value attendue pour les communautés rurales
Au-delà des infrastructures hydrauliques, ajoute le coordonnateur national du projet Predire, le projet entend améliorer l’accès à l’eau potable, réduire les maladies hydriques et renforcer les services sociaux de base. Les centres de santé et les écoles construits dans le cadre des projets antérieurs ont déjà permis de réduire la mortalité infantile et d’absorber l’augmentation des effectifs scolaires liée à la gratuité de l’enseignement.
En misant sur une gestion concertée et durable des ressources en eau, Predire ambitionne de consolider l’intégration régionale entre la RDC et la RCA, tout en transformant structurellement les zones rurales du nord de la RDC. Pour le ministère du Développement rural, l’eau devient ainsi un moteur de croissance, de stabilité et de développement partagé.
Zacharie Mikunga
