La République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis ont scellé, le jeudi 26 février 2026, un partenariat sanitaire d’une valeur totale de 1,2 milliard de dollars. L’annonce a été faite via un communiqué conjoint des deux gouvernements, marquant une étape clé dans les relations bilatérales sous l’ère Trump.
900 millions de dollars sur cinq ans
Selon les termes de l’accord, le département d’État américain s’engage à fournir jusqu’à 900 millions de dollars sur les cinq prochaines années. Ces fonds sont destinés à soutenir la RDC dans sa lutte contre le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme, ainsi que la mortalité maternelle et infantile et d’autres maladies infectieuses.
En contrepartie, le gouvernement congolais s’est engagé à augmenter ses propres dépenses de santé nationales à hauteur de 300 millions de dollars sur la même période. Cet accord est le dernier d’une série de 19 partenariats bilatéraux signés par Washington avec des pays africains.
La fin de l’USAID et l’ère « l’Amérique d’abord »
Ce nouveau cadre de financement, baptisé « l’Amérique d’abord », remplace les anciens programmes gérés par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), désormais dissoute. L’administration Trump affirme que cette approche vise à accroître l’autonomie des pays partenaires tout en éliminant ce qu’elle qualifie de « priorités idéologiques » et de « gaspillage » dans l’aide internationale.
Pour les analystes, ce changement de paradigme illustre la méthode transactionnelle du président Donald Trump, privilégiant les discussions directes avec les gouvernements étrangers pour faire avancer son agenda. Ce retour de l’aide est crucial pour de nombreux pays africains, dont le Congo, où les précédentes coupes budgétaires américaines avaient paralysé les systèmes de santé et les programmes de lutte contre les épidémies.
La polémique sur le partage des données
Cependant, ce partenariat intervient dans un climat de méfiance régionale. Le jour même de l’annonce, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont exprimé leurs vives préoccupations. En cause : certaines clauses de ces nouveaux accords qui exigeraient des pays bénéficiaires qu’ils partagent avec Washington des données sensibles sur les virus et agents pathogènes identifiés sur leur territoire.
« Il existe d’énormes inquiétudes concernant les données, concernant le partage des agents pathogènes », a averti le Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique.
Cette tension a déjà eu des conséquences concrètes : mercredi, les négociations entre les États-Unis et le Zimbabwe ont échoué, Harare ayant refusé de se plier à ces exigences de partage de données sanitaires. À ce jour, rien ne permet de confirmer si de telles conditions ont été incluses dans l’accord signé avec la République démocratique du Congo.
Tenplar Ngwadi
