La tension reste vive dans le nord du Mali. Un convoi militaire, comprenant des soldats maliens, des éléments de l’Africa Corps russe et des combattants du Gatia, un groupe armé local fondé par le général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de Kidal, a été frappé à plusieurs reprises le mercredi 18 février 2026. Les incidents se sont déroulés entre Anefis et Aguelhoc, dans la région de Kidal.
Les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont revendiqué une frappe de drones kamikazes contre ce convoi. Le FLA fait état d’« importants dégâts humains et matériels » à la suite de son opération. Parallèlement, le même jour, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) ont également ciblé ce même convoi, revendiquant la pose d’un engin explosif improvisé (EEI).
Si aucun des groupes n’a communiqué de bilan précis, des sources locales y compris des cadres du FLA contactés par nos confrères de RFI, rapportent entre six et une dizaine de morts parmi les militaires maliens. La majorité des victimes seraient des membres du Gatia, tués par l’explosif du Jnim. Trois ou quatre véhicules auraient également été détruits lors de ces attaques coordonnées dans leurs objectifs, bien que le FLA et le Jnim ne mènent pas d’opérations conjointes à proprement parler.
L’armée malienne n’a pour l’heure pas communiqué sur ces événements, et n’a pas donné suite aux sollicitations de RFI.
Le FLA reconnaît également avoir subi des pertes. Deux de ses combattants ont trouvé la mort durant l’opération. Il s’agit d’Alizahid Ag Almahmoud, frère de Fahad Ag Almahmoud (un cadre du FLA tué en novembre 2024 par une frappe de drone de l’armée), et de Mohamed Ag Intallah. Ce dernier est le fils d’Alghabass Ag Intallah, une figure majeure de la rébellion, fondateur du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), ancien député malien et membre de la famille de l’amenokal (chef traditionnel des Ifoghas) dans la région de Kidal.
Selon plusieurs sources au sein de la rébellion, la mort de ces deux combattants serait accidentelle, résultant d’une erreur de manipulation d’un drone kamikaze.
Ces attaques s’inscrivent dans un contexte de recrudescence des violences. Parallèlement, le Jnim a revendiqué hier la prise d’un poste militaire à Djenné. De son côté, l’armée malienne a affirmé avoir tué une vingtaine de « terroristes » lors de frappes aériennes le mardi 17 février près de Ké-Macina, dans la région de Ségou, témoignant de l’ampleur du conflit qui continue de déchirer le pays.
Tenplar Ngwadi
