L’onde de choc de l’affaire Epstein atteint désormais Moscou. Selon quelque trois millions de pages rendues publiques le vendredi 31 janvier par le ministère américain de la Justice, Jeffrey Epstein aurait déployé, pendant près d’une décennie, des efforts considérables pour intégrer le cercle du pouvoir russe.
Dans cette masse documentaire, le nom de Vladimir Poutine apparaît plus d’un millier de fois, tandis que la mention « Moscou » est citée à plus de 9 000 reprises.
Les échanges répertoriés entre 2010 et 2018 dépeignent un Jeffrey Epstein déterminé à retrouver une stature internationale après sa première condamnation. Dès 2011, il semble vouloir forcer les portes du Kremlin. Un courriel daté du 11 septembre de cette année-là mentionne un prétendu « rendez-vous avec Poutine » prévu quelques jours plus tard, bien que rien ne permette aujourd’hui de confirmer que cette rencontre ait eu lieu.
Pour parvenir à ses fins, l’ancien financier de la jet-set new-yorkaise n’hésitait pas à solliciter des intermédiaires de haut rang. Parmi eux figure Thorbjorn Jagland, ancien Premier ministre norvégien et alors secrétaire général du Conseil de l’Europe. En mai 2013, Epstein suggère une discussion avec le président russe autour de la « diversification de l’économie russe ». Un mois plus tard, il tente une approche plus directe en écrivant à Jagland : « Bill Gates sera avec moi à Paris dimanche et lundi, Poutine est le bienvenu pour le dîner ».
Si les preuves d’un contact direct entre le chef du Kremlin et le pédocriminel font toujours défaut, certains documents officiels américains épaississent le mystère. Un rapport du FBI datant de 2017, s’appuyant sur une source confidentielle, avance une affirmation troublante : « Jeffrey Epstein était le gestionnaire de fortune du président Vladimir Poutine ».
Jeffrey Epstein a été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019, alors qu’il était accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes. Sa mort a alimenté de nombreuses théories sur la protection dont il aurait pu bénéficier de la part de personnalités influentes. Ces nouvelles révélations, qui s’étalent jusqu’à un an avant son décès en détention, jettent une lumière crue sur l’ampleur des réseaux diplomatiques et économiques que l’homme cherchait désespérément à manipuler.
Tenplar Ngwadi
