La Première ministre est depuis le 1er février 2026 dans le Grand Equateur où elle a entamé sa première visite d’itinérance dans cette partie de la République Démocratique du Congo. Les Cheminots de la Société des Chemins de Fer Uele-Fleuve (SCFU-F) l’attendaient au tournant pour qu’elle visite cette société du Portefeuille de l’Etat qui a été abandonnée depuis plus de 30 ans. Son personnel n’a plus été payé.
Les Cheminots ont été indignés des cheminots de la société du Chemin de Fer Uele-Fleuve à l’arrivée de la Première ministre, cheffe du gouvernement dans la province de la Mongala. Ils se posent la question de savoir comment la Première ministre Judith Suminwa Tuluka peut-elle se rendre dans la province de la Mongala sans recevoir les Cheminots de la Société des Chemins de Fer Uele-Fleuve qui est pourtant une véritable épine dorsale de l’économie congolaise.
Cette entreprise a été abandonnée par l’État congolais qui est alors son unique actionnaire depuis plus de 30 ans. Les travailleurs continuent de croupir dans une misère indescriptible. Cette société dispose d’un réseau ferroviaire 1.026 kilomètres de voies ferrées. Cette infrastructure de base pour le développement de la RDC est censée desservir les contrées des provinces de la Mongala, du Haut-Uele, du Bas-Uele, de la Tshopo et de l’Ituri. Elle est concernée par les projets du corridor nord de l’interconnexion ferroviaire du Soudan du Sud, de l’Ouganda et du Kenya à la République démocratique du Congo.
Face à cet état des choses apocalyptiques et à la mauvaise volonté avérée politique des décideurs, les Cheminots de la Société des Chemins de Fer Uele-Fleuve pensent que la liquidation apparaît en fait comme une solution la plus idoine afin de préserver les intérêts de l’État et sans doute de mettre fin à la misère noire du personnel qui croupit dans un chômage forcé. Sa liquidation serait en conformité avec les différents textes légaux et réglementaires en vigueur en République démocratique du Congo.
La Société des Chemins de Fer Uélé-Fleuve est entreprise commerciale du Portefeuille de l’Etat. Elle est, à l’instar de tous les autres chemins de fer du monde, l’une des infrastructures de base par excellence pour le désenclavement des provinces agricoles de la partie Nord-Est de de la République Démocratique du Congo qu’elle a vocation de desservir. Mais hélas, cet outil de développement, jadis performant, est à ce jour essoufflé, abandonné et perdu en pleine forêt équatoriale et dans la grande savane du plateau des Uélés à cause de l’absence totale d’investissement de la part de l’Etat Congolais.
Historique de la société
La société Vicicongo, Société des Chemins de Fer Vicinaux du Congo, a été créée au mois de mai 1924. Dès ses débuts, elle a exploité un réseau mixte de transports, c’est-à-dire, les chemins de fer, les routes et le port d’Aketi en vue d’assurer le trafic des marchandises des contrées riveraines de son réseau. Les grands travaux de son implantation ont surtout eu lieu entre 1924 et 1937.
Dès 1967, les autorités du pays ont initié le processus de contrôle et de gestion de l’économie par le Gouvernement zaïrois, et ont pris les mesures de la zaïrianisation et de la radicalisation en 1973 pour que les infrastructures efficaces de transports permettent la croissance de l’économie du pays.
Par conséquent, diverses compagnies de transports ferroviaire, routier, fluvial et lacustre furent regroupées pour atteindre cet objectif. La Société Nationale des Chemins de Fer Zaïrois, « SNCZ », a ainsi vu le jour le 2 décembre 1974 au terme de l’Ordonnance-Loi signée par le Président Mobutu Sese Seko, fusionnant les KDL, CFL et Vicizaïre, entreprise jusque-là fiable et viable.
La situation de plus ou moins 3.000 agents et familles de la SCFU-F est piteuse. Pas de salaires, ni de soins médicaux depuis 1992. Les Cheminots de la SCFU-F et leurs familles sont abandonnés à leur triste sort. La plupart d’agents se sont résignés aux travaux champêtres, d’autres ne sachant pas s’accrocher au rythme, ont succombé, fatigués d’attendre sans espoir leurs arriérés salariaux. Ceux ayant atteint l’âge de retraite ne sont pas mis en retraite faute de financement. C’est donc un personnel désabusé, forcé au chômage et qui croupit dans une misère qui ne dit pas son nom.
Le trafic ferroviaire est totalement inexistant, faute de locomotive et de wagon. Tout est donc à refaire. Il est important de signaler qu’au-delà de tout, certaines autorités publiques « mal intentionnées » de la RDC ne jurent que par la liquidation pure et simple de la SCFU_F tombée en disgrâce !
La Gazette du Continent
