Le paysage politique congolais est en pleine ébullition dans la ville de Kikwit, province du Kwilu. Le maire de la ville de Kikwit, l’Abbé Ngiama, est désormais attendu à Kinshasa. Il a été convoqué par le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo, pour motif de « consultation ». Le message officiel instruit l’autorité urbaine de prendre, « toutes affaires cessantes », les dispositions nécessaires pour rejoindre la capitale dès la première occasion.
Cette convocation intervient dans un climat de haute tension sécuritaire et politique. Elle fait suite à une prise de position radicale du maire de Kikwit contre le parti politique « Cause Commune », dont son président national, Claude Ibanlanky, s’est récemment affiché à Goma dans la province du Nord-Kivu aux côtés des responsables de la rébellion de l’AFC/M23.
Dans un communiqué daté du 1er février 2026, le maire Abbé Ngiama a annoncé l’interdiction de toutes les activités de « Cause Commune » dans l’espace urbain de Kikwit, et ce, jusqu’à nouvel ordre. L’autorité urbaine ne s’est pas contentée d’une simple suspension : elle a promis des sanctions sévères contre « toute personne qui organisera, facilitera ou participera à des activités politiques au nom ou pour le compte dudit parti ou de son président national ».
Pour la mairie de Kikwit, la ligne rouge a été franchie. L’autorité considère que « toute proximité, collaboration ou complaisance avec les ennemis de la paix et de la Nation constitue un acte grave, contraire à l’ordre public et aux intérêts supérieurs de l’État ».
Dans ses motivations, le maire de la ville de Kikwit a condamné avec la plus grande fermeté toute attitude visant à « légitimer, soutenir ou banaliser » des groupes rebelles qu’il tient pour responsables de graves violations des droits humains, de pertes en vies humaines et de l’insécurité persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Tenplar Ngwadi
