Le face-à-face entre Téhéran et Washington vient de franchir un nouveau palier. Le dimanche 1er février 2026, l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur en République islamique, a averti qu’une attaque américaine déclencherait immédiatement « une guerre régionale ». « Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a martelé le Guide suprême, cité par l’agence Tasnim.
Ces déclarations interviennent dans un climat de haute tension, marqué par le souvenir encore frais des bombardements américains menés en juin dernier, lors d’un conflit de douze jours déclenché par Israël.
Manœuvres navales et « doigt sur la gâchette »
Pour donner du poids à ses avertissements, la République islamique a lancé ce dimanche d’importantes manœuvres navales dans la zone stratégique du détroit d’Ormuz. L’objectif affiché est clair : démontrer que les forces américaines ne sont pas en mesure d’encercler l’Iran.
Malgré un ton qui était redescendu d’un cran samedi soir après des déclarations initialement très offensives du chef de l’armée, Téhéran maintient une posture de dissuasion. Les autorités iraniennes ont réitéré leurs menaces contre les « nombreuses » bases américaines situées dans la région, affirmant garder le « doigt sur la gâchette ».
La diplomatie de la dernière chance
Parallèlement à ce déploiement de muscles, Téhéran ne ferme pas totalement la porte au dialogue. Le président Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, affirmant que l’Iran ne cherche pas une guerre qui ne serait « ni dans l’intérêt de l’Iran, ni des États-Unis, ni de la région ». Pour le dirigeant iranien, le règlement des différends par la diplomatie demeure une priorité.
Dans les coulisses, les médiateurs s’activent. L’Égypte, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et Oman tentent d’éviter une escalade qui déstabiliserait l’ensemble du Moyen-Orient. Un espoir de désamorçage semble poindre : Ali Larijani, secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, a évoqué des « progrès » en vue de « négociations », en écho à certains propos de Donald Trump. Ce dernier s’est d’ailleurs entretenu à Téhéran avec le chef de la diplomatie du Qatar.
Une capitale entre calme et fébrilité
À Téhéran, si la situation reste officiellement calme ce 1er février, une certaine fébrilité est palpable. Selon les observateurs sur place, aucune panique n’est cependant constatée dans les rues, et les habitants ne se sont pas rués vers les magasins pour constituer des stocks de provisions. La population observe, dans l’attente de l’issue de ce bras de fer dont les conséquences pourraient dépasser les frontières de la République islamique.
Tenplar Ngwadi
