La course au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vient de prendre une nouvelle tournure. Réuni en Conseil des ministres ce vendredi 30 janvier 2026, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement annoncé son intention de présenter un candidat au poste de secrétaire général de l’institution.
Cette décision, rapportée par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, constitue une réaction directe à la volonté de la Rwandaise Louise Mushikiwabo de briguer un troisième mandat consécutif. En poste depuis 2019 et reconduite en 2022, l’actuelle secrétaire générale voit ainsi se dresser face à elle le plus grand pays francophone du monde.
Pour Kinshasa, cette candidature est un moyen de faire valoir sa position et son influence au sein de l’espace francophone. L’initiative s’inscrit dans un climat particulièrement lourd, marqué par des tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, notamment autour de la crise sécuritaire qui sévit dans l’est du pays.
Au-delà des différends bilatéraux, la RDC argue de la nécessité d’une alternance au sommet de l’organisation. La perspective d’un troisième mandat pour Louise Mushikiwabo suscite en effet des réserves au sein de certains États membres, et le gouvernement congolais entend bien capitaliser sur ce besoin de renouvellement pour bousculer l’ordre établi.
Alors que l’OIF doit se prononcer sur sa future direction, le bras de fer entre Kinshasa et Kigali se déporte désormais sur le terrain feutré de la diplomatie francophone, où chaque voix comptera pour définir les nouveaux équilibres de l’institution.
Tenplar Ngwadi
